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Une "note de lecture"

La note de lecture suivante a été rédigée par le mari d'une amie:

« Le fait Jésus » de Philippe Lestang est un petit livre dont la lecture m’a enthousiasmé par l’approche qui est faite de la Révélation chrétienne.

Pour son auteur, de formation scientifique, la foi n’est pas un ensemble de vérités, ni de certitudes, mais plutôt une recherche, un itinéraire, où doutes et convictions se côtoient.

Celle-ci s’enracine et s’approfondit dans la relation avec une personne, qui est Jésus.

Une perspective qui dépoussière le langage convenu, remet en question certaines doctrines, et propose d’élaborer une théologie qui soit davantage en prise avec le monde contemporain.

Un message valorisant pleinement la louange, pour que l’Evangile redevienne la Bonne Nouvelle accessible et adressée à chacun.

    Merci à J.D. !

 

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REMARQUES ET RÉPONSES

A propos de quelques observations reçues

 

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 1 - "Péché des origines? Cela a déjà été traité, notamment par Gustave Martelet (Libre réponse à un scandale, 1976)."
  Oui, bien sûr, et il n'est pas le seul.
  Mais quelqu'un a-t-il suggéré qu'il faudrait changer ce qu'en dit la liturgie?
  C'est surtout sur cela que j'insiste.

 

 2 - "Si vous estimez que ce monde, universellement marqué par le désordre et par le mal, est sorti tel quel des mains de Dieu, vous risquez fort de faire de Dieu un Dieu néronien. Le péché du monde est trop réel et trop grave pour que nous puissions en rester là."
  La possibilité pour l'homme de pécher est, comme vous dites, "sortie des mains de Dieu"... On ne me fera pas croire qu'il ne savait pas que nous pécherions. Cela n'apporte rien d'essayer "d'exonérer Dieu", sauf de nous culpabiliser inutilement. Créatures "tirées de la glaise", nous sommes imparfaits, dans nos capacités physiques comme dans nos capacités morales.
  C'est le serpent, que la Sagesse nomme le diable (Sg 2,24), qui est à l'origine du "manger le fruit de l'arbre" dans la Genèse. Qui est-ce qui a créé Satan?
  N'essayons pas de parler de ce qui nous dépasse. Jésus nous invite à l'amour, et nous met en garde en effet contre le péché. Au delà, nous ne savons rien.

 

 3 - "Quels sont les faits que décrivent les premiers chrétiens? Je crois qu’ils ne décrivent pas des faits: ils portent témoignage."
   Pour un chrétien qui accepte la véracité des témoignages des premiers chrétiens, la venue de Jésus est un fait; sa capacité de faire des guérisons exceptionnelles, ayant une portée qui est signe de qui est Dieu, est un fait, etc.
Avec l'aveugle né, je dis: "Ce que je sais, c'est que j'étais aveugle et qu'il m'a ouvert les yeux" (Jean 9,25). Avec la Samaritaine, je dis: "Voilà un homme qui connaît tout ce que je suis" (Jean 4,39). Je crois en la vérité de ces capacités du Christ, et en la vérité de l'action similaire de l'Esprit dans ma vie. Ce qu'ont vécu les premiers disciples, et ce que je vis, sont des faits.
La résurrection, pour moi, est un fait: sinon, "nous sommes les plus malheureux des hommes" (1 Co 15,19).
  Ajout, décembre 2016: Jean-Christian Petitfils écrit à propos de la résurrection (Jésus, p.434): "Pour l'Eglise, (..) c'est un phénomène objectif en soi, donc historique, même si la Résurrection échappe, dans la plénitude de sa dimension métaphysique, à l'Histoire."

 

 4 -  "Avant de regretter que certains ne croient pas aux miracles, il faudrait expliquer ce que vous entendez par 'miracle' ".
  Ce que j'entends par miracle? La même chose que l'Eglise, plus tous ceux qu'elle n'a pas reconnus et qui pourraient l'être!

 

 5 - "J'ai regretté que vous n'alliez pas plus loin: en proposant de nouvelles formulations, de nouvelles façons de vivre la foi".
  Il est clair d'abord que le format du livre ne le permettait pas. Par ailleurs j'insiste sur la diversité, à la fois inévitable et sans doute souhaitable, des façons dont les chrétiens et groupes de chrétiens peuvent souhaiter exprimer et vivre leur foi.
Le dialogue, indispensable, entre ces diverses sensibilités, rejoint un peu ce qu'est le dialogue oecuménique actuellement.
Mais nous sommes là déjà dans le rêve: l'Eglise catholique, puisque c'est d'abord elle dont il s'agit, a ses structures, et je serai plutôt du côté de ceux qui aideront à ce que tout cela ne s'écroule pas, dans les tourmentes diverses qui semblent devoir se développer au fur et à mesure que le modèle centralisé sera remis en cause.

Quelques exemples de ce qu'il est possible de faire - et qui pour une part se fait déjà - sont mentionnés ici ou là sur mes sites. Mais ce ne sont que des exemples:
- Une rencontre qui est une messe.
- Une "Sainte Cène" (en 3° colonne - cet exemple serait à modifier pour y intégrer les paroles de la consécration).
- Sept jours dans la semaine pour ETRE Eglise! (en).
Sans parler des "messes qui prennent leur temps" et autres formules qui existent en quelques endroits.

 

 6 - "Page 65 tu écris: Peut-on dire que Jésus 'guérit et sauve les hommes'?  Jésus n'est donc pas le sauveur, pour toi?"
  Dans le chapitre sur le salut, j'explique que Jésus nous apporte le salut: il est à la fois notre boussole et notre soutien (page 38). Et page 35 je souhaite que beaucoup de lecteurs aient accepté Jésus comme leur sauveur.
La forme interrogative utilisée page 65 se place dans le cadre d'une réflexion sur les formulations les plus appropriées pour exprimer cette réalité. Si je parle à un ami non-croyant, je lui expliquerai que Jésus nous montre ce qu'est l'amour véritable, et qu'il nous ouvre vers un au-delà; mais de mon point de vue, les mots "salut" et "sauveur" ne seront pas les mieux adaptés à ce stade de la conversation.
Ensuite bien sûr, entre croyants, pas de problème; reste que les mots tournant autour du verbe "sauver" sont associés, dans l'esprit de beaucoup de gens, au péché des "origines"; à la "faute collective" que Jésus est censé, dans une certaine théologie, nous pardonner.

 

 7 - "Ce qui permet de parler de l’amour, et de Dieu, ce n’est pas la factualité. La poésie ou l’art seraient d’un plus précieux secours."
  Il n'est évidemment pas question de se limiter à une approche par les faits; cela dit, pour moi Dieu est une personne existant vraiment, extérieure à moi autant qu'intérieure; et comme je l'indique page 90 il est recommandé, pour toute relation avec une personne, de ne pas laisser de côté notre capacité de réflexion, et donc de réfléchir sur les faits.

 

 8 - "Page 24 tu parles de ta conversion il y a une vingtaine d'années: tu n'étais pas chrétien avant?"
  J'ai été chrétien dès mon enfance, et très actif dans ma jeunesse, d'abord comme étudiant, puis avec ma femme comme jeune foyer. Ensuite les questions qui font l'objet de la dernière partie du livre m'ont écarté de la pratique; et vers 1980 je ne me définissais plus comme chrétien. Jésus restait pourtant ma boussole, le modèle de l'amour: qu'il ait été simplement un homme ou plus qu'un homme; qu'il y ait une vie après la mort ou non.
En 1988, j'ai connu une (re)conversion en quelque sorte "instantanée"; la conviction que "si Jésus dit la vérité, alors il est vivant, présent!" (voir ce que j'en dis p.41). Je suis en ce sens un chrétien "né de nouveau", complètement convaincu de la vérité du christianisme.

 

 9 - "Ce n'est pas avec un langage scientifique que l'on peut parler de religion. Langage scientifique et langage religieux ne sont pas de même nature."
  Je n'ai jamais prétendu utiliser un "langage scientifique", dont on ne voit pas ce qu'il serait en la circonstance.
En amont de la question du langage, il y a celle des faits: le christianisme n'est pas une religion "spirituelle", qui ne pourrait s'exprimer que par des approches telles que la poésie.
Les malades qui s'adressaient à Jésus lui parlaient de faits, et Jésus répondait par des actes. Pour moi Jésus et son Esprit sont présents dans le monde actuel et y agissent: sinon il ne s'agit pas de christianisme, mais d'une spiritualité vague.
Si tout domaine de réflexion peut être amené à développer un vocabulaire et des méthodes propres, il reste néammoins souhaitable de pouvoir énoncer quelques résultats essentiels dans un langage simple: à la fois pour rester en contact avec le bon sens et pour permettre aux "non initiés" de comprendre un peu ce dont il s'agit. C'est ce que j'ai essayé de faire.

 

 10 -  Un correspondant qui n'avait pas encore lu le livre: "Je doute qu'on puisse traiter de Jésus comme d'un "fait", et que cela permette de faire l'économie de la foi qui, comme le mot l'indique, implique la confiance. Un fait brut ne dit jamais rien. Mais peut-être ne s'agit-il pas du tout de cela ?
  L'approche "Jésus comme un fait" consiste à chercher, derrière les mots d'il y a 2000 ans, la façon dont les chrétiens peuvent comprendre les choses aujourd'hui, avec nos concepts et nos mots du XXI° siècle: dans la foi, mais aussi en vue d'expliquer cette foi aux non croyants.

 

 11 - La réflexion sur "l'amour" pages 27-29 (Apprendre aux hommes à travailler ensemble) gagnerait peut-être, par rapport aux non-croyants, à éviter l'expression "aimer les autres hommes", de même que tu évites dans une certaine mesure le mot "Dieu" dans les deux premiers chapitres. Pour un non-croyant, le mot aimer n'a pas le sens que tu lui donnes en tant que chrétien (et que tu développes par exemple page 42).
  Oui bien sûr: pour la majorité des hommes, le mot aimer n'a pas le sens que les chrétiens lui donnent, à la suite de Jésus ("Aimez-vous les uns les autres"). Certains philosophes, comme Comte-Sponville, font cependant dans leurs livres (p.ex. le "Petit traité des grandes vertus") une place explicite à cette notion: qui pour le chrétien se développe grâce à la vie de Dieu en nous, et non par nos propres "forces".

 

 12 - "Tu envoies un peu vite aux oubliettes les rites et la liturgie, le sacré. Sans rites et liturgies les sacrements disparaitraient, le christianisme se décomposerait vite en ésotérismes individuels puis disparaîtrait tout entier."
  Je critique notamment "l'utilisation exclusive de rituels" (p.73). Cela ne veut pas dire que nos prières collectives ne doivent pas être belles, priantes, chantantes. Il faut que la façon dont le déroulement des assemblées de chrétiens est conçu aide à la prière. Et je dis explicitement à cette même page qu'il est bon qu'il y ait des rites, notamment pour les sacrements. C'est la forme de nos liturgies que je critique, citant p.87 soeur Emmanuelle.

 

 13 - "Tu prétends restreindre au 'fait Jésus' ton point de départ. Mais qu'est-ce qui est 'fait' et qu'est-ce qui est supplément incertain, dû aux strates historiques, aux rédacteurs, penseurs, clercs et commentateurs successifs? Tu fais des choix, mais tu les justifies peu (ce qui n'est pas très scientifique me semble-t-il, malgré ta référence à ces méthodes). Tes faits sont-il sûrs, et n'y en a t-il pas d'autres, doivent-ils être les mêmes pour tous?"
  Je propose p.60 une description de ce que j'appelle "le fait Jésus". En effet je ne le justifie pas, je me contente de le proposer comme une sorte de base qui me paraît commune aux chrétiens. Je ne prétends d'autre part pas utiliser directement une "méthode scientifique" (je précise la chose en haut de la même page 60). Je vois les chrétiens comme des explorateurs de l'au-delà, vivant dans leur expérience personnelle, par la vie dans l'Esprit, les "faits" que j'ai ainsi présentés. Le centre de la démarche que je propose dans le dernier chapitre du livre est de ne pas partir de la terminologie et des concepts de la Bible, mais de la façon dont nous les comprenons actuellement. Dans la vidéo, vers la fin, je l'explique sur l'exemple de "est assis à la droite de Dieu": nous corrigeons intérieurement; ce que je propose c'est que nous le disions explicitement!

 

 14 - Sur Twitter, un internaute écrit: "Il y a (des) théologiens auto-proclamés, comme Marie-Christine Bernard ou Philippe Lestang, qui changent complètement le sens de la résurrection, nient le péché originel donc le sens de la grâce, et pour ce dernier même la Trinité. (@ComitePantalon - 31.12.12)
    Twitter n'étant pas un outil adapté à la réflexion théologique :-) , je réponds ici:
  - J'affirme clairement l'existence du péché originel (p.61); par contre c'est le "péché des origines" dont l'existence me paraît improbable.
  - Concernant la Trinité, les pages 60 et 74 du livre décrivent la façon dont le chrétien vit en relation avec elle. La page 78 et l'exposé téléchargeable de novembre 2012 invitent à distinguer ce que Dieu nous révèle de lui et ce qu'il est réellement, bien au-delà de ce que de pauvres humains peuvent comprendre.
  - S'agissant du "sens de la résurrection", si nous naissons à une nouvelle vie après la mort, et si cela se fait avec en nous des sentiments, une volonté, etc., c'est une des façons, sans doute assez classique, d'interpréter la "résurrection de la chair". On parle souvent de notre vie future "au ciel": elle inclut pour moi "la chair", c'est à dire toute notre réalité humaine.

 

 15 - J'écris à un ami: Mon approche du christianisme n'est pas celle d'un absolu, mais d'un dialogue avec un être "très supérieur", dont je ne dis ni qu'il est "infini" ni qu'il est créateur. Il me répond: "...pas Infini, pas Créateur"? Là, j'ai du mal...
  Je ne dis pas non plus qu'il ne l'est pas.
  C'est tout le sens du premier chapitre de mon livre: m'adresser aux athées/non croyants en des termes qu'ils ne peuvent pas réfuter: "Vous ne pouvez pas dire qu'il n'existe pas d'être(s) très supérieur(s) à l'homme".
  Je laisse de côté la question de la création. Ayant lu pas mal de science fiction, je peux imaginer que nous ne sommes que comme des fourmis, dans un fossé.. Que savons-nous du monde et du nombre de dimensions et de réalités qu'il comprend? Nous avons besoin que "quelqu'un" ait créé le monde, mais est-ce que ce n'est pas anthropomorphique?
  Je suis convaincu, par expérience personnelle, de l'existence d'un être supérieur. Mais je ne veux pas en parler avec le vocabulaire d'il y a deux mille ans.
  Mon approche permet un dialogue avec toute personne qui est prête à une approche expérimentale ouverte: ne rien affirmer de plus que ce qui nous paraît "certain" (cf. mon développement à ce sujet)...
  Pour moi la présence de "Dieu" dans ma vie fait partie du certain. Il est Dieu "pour moi": il est "tout puissant".
  Est-il Dieu "créateur de tout"? Ce n'est pas notre problème ...

 

 16 - Un évêque émérite qui apprécie mon livre (voir sur le blog) m'écrit aussi:
"A la page 16, vous écrivez: '.. et brusquement cela devient une évidence, on est convaincu'. Personnellement je remplacerais le mot "évidence" par certitude. Il me semble qu'il y a certitude malgré la non évidence. C'est la seule nuance que je peux apporter."
Difficile débat! Certes il n'y a pas d'évidence extérieure de Dieu, ni d'évidence partagée. Mais on peut avoir des évidences intérieures (par exemple l'évidence que votre fiancé vous aime); et de toute manière je parle de Jésus, non de Dieu. Je parle de la façon dont nous comprenons ce qu'il est: il s'agit bien, à travers les siècles, d'une relation humaine: "Oui, Jésus, je te reconnais pour ce que tu dis être!"
Le mot "certitude" pose lui aussi de nombreux problèmes, et je l'analyse notamment pages 22 à 25.

 

 17 - "Ce que je vois de Pierre Jovanovic sur Internet ne m'engage pas beaucoup à le lire. Il y a tellement de gens qui nous alertent sur les anges sans aucune référence à la foi chrétienne..."
  Le livre "Enquête sur l'existence des anges gardiens", en tout cas dans ses premières éditions, passe en revue un certain nombre de saints ainsi que les phénomènes qu'ils ont vécu; c'est solide, clair et utile. Le deuxième livre que je cite est beaucoup plus incertain. Et surtout il est vrai que, depuis, P.Jovanovic s'est orienté vers des ouvrages que je ne recommande nullement; en ce sens je pourrais presque regretter de l'avoir mentionné...

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A consulter également:

Echange avec Jean-Marie Kohler, novembre 2012, sur son site "Recherche plurielle" (descendre dans la page pour trouver "Le fait Jésus").

 

Voir aussi, sur le blog:

- Péché « originel »; chute?
- L’homme préhistorique péchait il?
- Le péché des uns a des conséquences sur les autres

 

 

Image de nuages extraite d'une photo de Roland Trenzel