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Christianisme

Que demander à Dieu dans la prière?

Qu'il change notre propre coeur.
- Que la douceur du Saint Esprit vienne en nous.
- D'apprendre la confiance.
- Que l'Esprit nous inspire des actes nouveaux, appropriés.
- "Dis-moi où et comment prier".
- "Montre-moi mes péchés".
- ...

Ce que je veux dire
en disant que je crois  

A lire certains athées, on a le sentiment que pour eux le croyant est quelqu'un qui a créé en lui un petit recoin auquel il s'attache et qu'il ne faut surtout pas remettre en cause. Qu'il n'est pas rationnel. Qu'il a "besoin" de la foi, etc. . Ces athées estiment souvent que la science montre maintenant qu'on n'a pas besoin de l'hypothèse Dieu pour "comprendre" la création du monde; et même (Dawkins) que Dieu est "impossible"!
Or ce n'est pas du tout ainsi que le croyant "fonctionne", et j'aurais aimé notamment qu'André Comte-Sponville, à qui j'avais envoyé un petit mot à ce sujet, trouve le temps d'y réfléchir.
Car l'incroyant a en fait des convictions erronées sur la façon dont raisonne le croyant intelligent, qui englobe sans hésitation toute la science dans sa réflexion, mais va au-delà.
Ainsi il ne s'agit pas, pour la création du monde, de savoir si une intelligence supérieure (qu'on l'appelle "Dieu" ou autrement) est intervenue au cours de la création, mais s'il est exclu qu'une telle intelligence existe, éventuellement au delà même de notre univers, et se manifeste à nous: or il est impossible à la science de se prononcer sur cette question. Les chrétiens ont la conviction d'être en contact avec cette intelligence: que cela paraisse absurde aux athées, c'est leur droit, mais il ne peuvent pas l'écarter au nom de la science.

Les scientifiques n'ont guère changé depuis le XIX° siècle: beaucoup d'entre eux croient toujours savoir l'essentiel de ce qu'il y a à savoir, alors que notre monde comprend peut-être 6 ou 10 dimensions (des scientifiques commencent à le proposer), et des lois fondamentales dont nous n'avons même pas idée.
Comme le disait Van Vogt (d'après Korzybski): "l'homme abstrait un certain savoir des événements et accorde à ce savoir un certain crédit; mais il risque d'en venir à prendre cette partie (qu'il connaît) pour le tout."
      21 09 08 - Commenter sur le blog

Voir aussi: Une remarque faite à André Comte Sponville.

Les saints sont de leur époque

Certains récits de science-fiction imaginent qu'un homme, devenu immortel, est amené à vivre au milieu des civilisations qui se succèdent. L'un de ces récits ("L'arrivée des glaces", de G.Peyton Wertenbaker) suppose que progressivement l'homme immortel devient complètement inadapté; il ne comprend plus la civilisation qui l'entoure, et les autres hommes le considèrent comme un demeuré, manquant totalement d'intelligence.

Eh bien, peut-être en est-il réellement ainsi: et par exemple tel ou tel saint, lumière à son époque, et modèle de théologie, serait incapable de comprendre notre époque et de s'y adapter.

Ceci pour dire que dans ce que ces saints ont écrit, il y a souvent des aspects aujourd'hui dépassés. Nos idées sur la psychologie humaine, ou notre perception de la société des hommes et de son fonctionnement, sont bien différents de ce qu'ils ont connu. Par exemple un certain culpabilisme, une certaine idée de la relation à Dieu, que l'on peut trouver à l'occasion dans leurs écrits, tout en restant compréhensibles, ne correspondent plus à la façon dont nous comprenons les choses aujourd'hui.

Ainsi j'aime énormément Thérèse de Lisieux, dont c'est la fête aujourd'hui; mais je me rends compte que lorsque je lis un de ses textes, je corrige automatiquement dans ma tête les mots qu'elle emploie, pour faire correspondre son récit et mon expérience personnelle. Je m'en suis particulièrement aperçu lorsque j'avais envisagé d'animer une série de rencontres consacrées à l'étude de ses textes: j'ai renoncé, car, par rapport au public visé, il y aurait eu à chaque instant des explications à donner, des nuances à apporter etc.

Ce qui est vrai pour les textes des saints... l'est aussi pour les épîtres du Nouveau Testament. On admet volontiers la chose lorsqu'il s'agit du Premier Testament, jugé correspondre à une mentalité qui n'est plus la nôtre (alors que ce n'est pas si vrai que cela!). Mais dès qu'il s'agit du Nouveau Testament, les esprits se bloquent: "C'est la parole de Dieu".
Le Premier Testament l'est aussi!
    1 10 08 - Commenter sur le blog

Palo Alto et le christianisme

En réfléchissant sur les méthodes thérapeutiques proposées par Watzlawick et les autres membres de l'école dite de Palo Alto, je me suis rappelé qu'elles consistent à réussir à provoquer chez le patient un changement de cadre, qui l'amène à voir la réalité autrement et ainsi à ne plus être centré sur son problème.
Il me semble qu'il y a là quelque chose d'un peu analogue à ce que produit le christianisme chez ceux qui entrent vraiment dans la foi: un changement de cadre! Le monde n'est plus perçu comme il l'était auparavant.
Cette réflexion sera éventuellement à développer.
      26.11.08 - Commenter sur le blog

Dis, Maman, la vie éternelle, on doit s'ennuyer au bout d'un moment?
- C'est comme une grande fête avec plein d'amis! Toujours des choses nouvelles, et de plus en plus merveilleuses! On n'a certainement pas envie que cela s'arrête!

La réponse ci-dessus est valable, bien sûr. Mais il n'y a pas lieu d'exclure que dans l'au-delà nous continuions à agir, un peu comme sur terre, pour développer le royaume: pourquoi pas?
    30 09 08 - Commenter sur le blog

La prière n'est pas une sorte de yoga

Thérèse d'Avila disait: "Dans l'oraison, ce qui compte ce n'est pas de penser beaucoup, mais d'aimer beaucoup". Le père Jacques Philippe, dans son livre "Du temps pour Dieu", montre que la prière n'est pas le fruit d'une technique, mais est un don à accueillir.
Voir des extraits du livre sur le site Seraphim.

Une "Sainte Cène"

Brian McLaren, dans son livre "The story we find ourselves in", décrit au chapitre 3 une Sainte Cène (protestante) dont le déroulement peut être source d'inspiration pour tous les chrétiens.
Ci-après quelques extraits de ce passage (traduits et légèrement adaptés):

La réunion a commencé par une sorte de mini "repas partage", avec des fruits, du café et des biscuits. Puis Néo (le pasteur) a dit une prière. Et ensuite un passage de la Bible a été lu à haute voix, ensemble, par tous.
Néo a alors posé deux questions: "Qu'est-ce que vous avez remarqué dans ce passage? Qu'est-ce qui vous a frappé?"
Une discussion a suivi, pendant environ vingt minutes.
Puis Néo a posé une autre question: "Comment ce passage se relie-t-il à votre vie?" Et la discussion est repartie, chacun parlant de questions plus ou moins intimes.

Néo a ensuite ouvert une bouteille de vin, et mis un pain frais sur la table; il a donné quelques explications sur ce que signifie la participation à la sainte cène.
Et il a invité les participants à rester assis en silence et à prier, jusqu'à ce qu'ils aient envie de s'avancer. "Ecoutez soigneusement aussi", a-t-il ajouté, "car l'Esprit de Dieu peut vous dire quelque chose, au plus profond de vous-même".
Alors quelqu'un a joué de la guitare, et une femme a chanté doucement des chants magnifiques. Un par un, les gens se sont avancés, et se sont agenouillés devant la table. Puis ils ont pris une gorgée de vin, et un morceau de pain, et sont restés agenouillés quelques minutes avant de retourner à leur place.
La plupart pleuraient.
Finalement le chant s'est arrêté, et une belle et longue prière a conclu la célébration.
Et tout le monde s'est embrassé.
      2.09.10 - Commenter sur le blog

A propos de la "Conférence Catholique des Baptisé(e)s"

Je connais depuis sa création la "Conférence Catholique des baptisé-e-s de France", et ne m'étais pas senti suffisamment en accord avec leurs propositions pour y adhérer.
Le billet que je viens d'écrire sur "l'avenir de l'Eglise", où j'évoque les Assemblées en l'absence de prêtre, m'a amené à me reposer la question.
Ma crainte est en effet que les évêques ne découragent systématiquement la distribution de la communion dans ces assemblées sans prêtre. Ce qui serait priver des fractions de plus en plus grandes des catholiques de ce dont ils ont le plus besoin: l'eucharistie.

Je me suis alors dit: voilà un sujet dont la CCBF, avec le poids de ses membres, pourrait dialoguer avec les évêques; la CCBF a, ou peut acquérir si son nombre de membres devient important, un poids suffisant pour qu'un dialogue, au moins avec certains évêques, soit possible. Dialogue amical, non revendicatif; réflexion entre chrétiens - évêques ou pas - sur l'avenir de notre église. Dialogue approfondi, théologique et pastoral, où les évêques aient le sentiment que leurs interlocuteurs veulent réfléchir avec eux.

Je viens donc de regarder à nouveau les explications données par la CCBF sur son approche, et ne suis malheureusement pas satisfait.
Pour le dire en un mot: Ce n'est pas notre action qui construit l'église, c'est notre ouverture à l'Esprit, ainsi que notre dialogue fraternel avec les autres chrétiens, surtout ceux qui ne sont pas d'accord avec nous.

Je ne me sens pas concerné par le "serment" proposé au début du texte présentant la Conférence: "Ne pas laisser mourir l'Eglise".
L'Eglise vivra, ni nous ni nos enfants n'en verront la disparition.
Ce qui est proposé à chaque chrétien par l'Esprit, c'est de se laisser transformer par Lui, et d'être des artisans de paix et d'amour. Tout le reste sera donné par surcroît.
Il y a donc à mon sens, dès le début, une erreur sur l'objectif. L'Eglise ne repose pas sur les baptisés; elle repose sur l'Esprit et sur l'eucharistie.

De même "susciter la conscience des baptisés" se présente comme un objectif humain.
Et cela me rappelle la fameuse distinction entre "l'oeuvre pour Dieu" ("Regarde la belle maison que je t'ai construite") et l'oeuvre "de Dieu" (Dis-moi Seigneur, jour après jour, comment je peux être ton témoin au milieu de mes frères).
Cela dit, s'il faut "susciter la conscience des baptisés" - et donc peut-être déjà, pour moi, des membres de ma paroisse - en quoi cela peut-il consister concrètement? Que leur dire, quand et comment?
Qu'y aurait-il de mieux que de créer des communautés où l'on s'aime et où on se met à l'écoute de l'Esprit?

Le texte semble dire qu'il faut écarter la peur. Quelle peur? Celle de discuter librement? Si cela peut rassurer certains de savoir que d'autres se sentent libres, parce qu'ils ont remis leur vie entre les mains de Dieu, eh bien, dans l'amour, en effet, disons-le leur.
Parler de peur est déjà, à mon sens, une approche négative.
Le texte évoque alors la "prise de parole". Est-elle un but en soi? Une parole qui n'est pas amour est-elle utile?
Que certains y soient appelés, je n'en doute pas et m'en réjouis. Mais unir est plus utile que de diviser par des paroles.

La CCBF pense-t-elle qu'il s'agit "d'inventer l'église de demain"? C'est bien au-delà de nos possibilités. J'essaie pour ma part de contribuer, concrètement, à l'église locale du trimestre prochain....

La CCBF ne se veut pas revendicatrice; je le comprends et l'approuve... mais justement, ce dont nos évêques ont besoin, c'est de partenaires qui ont réfléchi sur ce qui est vécu au niveau local, et qui savent le partager avec eux dans l'amitié.
Si c'est cela que propose la CCBF, alors je m'en réjouis. Sans doute ai-je mal lu, car je ne l'ai pas vu apparaître dans le discours qui est tenu.

24.2.11 - Les responsables de la CCBF présentent aussi leur action comme visant à développer "trois grandes attitudes pour notre monde, trois 'ministères' dans le sens de service: écoute, bénédiction et espérance." Voilà qui est plus satisfaisant, car a priori très oecuménique. Mais cela ressemble alors un peu à une contre-église, ou à une nouvelle église...

Voir aussi mes commentaires (notamment celui du 27 juillet) sur le site de la CCBF à propos de "Youcat"; catéchisme sur lequel j'ai écrit pour ma part en http://www.philippe-lestang.com/blog/2011/1313.
      19.12.10 - Commenter sur le blog

"Accepter le Seigneur".. quand on est juif?

J'ai dit par ailleurs tout le bien que je pense de "Juifs pour Jésus". Mais j'ai par moments une petite hésitation sur le vocabulaire, comme dans pas mal d'autres cas (cf par exemple "Une juive devenue croyante?").

Peut-on dire d'un juif convaincu, qui se convertirait au christianisme, qu'il "accepte le Seigneur"?
C'est le vocabulaire que les évangéliques ont tendance à employer, mais je dois dire qu'il me gêne! Le Seigneur, ils le connaissent! Mais leur conversion éventuelle au christianisme les amène, je pense, à découvrir de nouveaux aspects de son amour et de sa grandeur.

Au fond, chaque chrétien a dans sa vie des étapes, des conversions, des progrès vers le Seigneur.
Si l'on disait de ces juifs qu'ils "reconnaissent Jésus comme leur sauveur" je n'aurais pas, je pense, la même hésitation. Ce serait, comme pour chacun d'entre nous, un approfondissement de la foi.
      6.10.09 - Commenter sur le blog

 

Image de nuages extraite d'une photo de Roland Trenzel