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Au moment où la crise financière commence à prendre de l'ampleur, il n'est pas inutile de repenser aux erreurs de politique économique commises par les gouvernements français depuis de nombreuses années, et de se demander pourquoi il n'y a pas eu de consensus parmi les économistes pour les dénoncer.
L'exemple le plus évident est l'erreur faite par l'équipe Sarkozy, dans ses premiers mois, croyant, si j'ai bien compris, relancer la croissance en distribuant des cadeaux à certaines catégories sociales.
Il n'y a, aussi étonnant que cela paraisse, pas accord entre les économistes sur la façon de développer l'économie française. Question d'opinion politique? En partie sans doute, la réussite des entreprises ayant mauvaise presse en France; mais pas seulement.
Il arrive que des économistes de renom critiquent vigoureusement les positions prises par d'autres économistes; ainsi par exemple, peu avant que l'inflation ne redémarre, un économiste critiquait le responsable de la BCE pour sa politique prudente visant à éviter l'inflation: il ne croyait apparemment pas qu'elle puisse redémarrer et raisonnait sur cette base!
L'économie est, c'est évident, un système complexe, où les facteurs humains et psychologiques jouent un grand rôle; il est parfois difficile de proposer une solution: tout est souvent affaire de doigté.
Comme tout corps social, la profession d'économistes comprend toutes sortes de spécialistes, et il n'y a pas, contrairement à d'autres disciplines plus scientifiques, de critères de qualité dans les raisonnements. Ce ne sont pas forcément ceux qui raisonnent le mieux qui sont le plus écoutés; Alfred Sauvy en a été un exemple, et j'en ai connu un autre aussi sidérant: ce que disait un de mes collègues, économiste, n'était pas entendu, pas reçu... Cela remettait trop en cause les idées dominantes!
Pour prendre un autre exemple, celui de la dette qui est devenue effrayante, même si la décision revient au politique, il pourrait y avoir consensus parmi les économistes sur son caractère énorme et redoutable. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas! De quoi faire douter sérieusement de la qualité des réflexions. Il s'agit peut-être d'une absence d'esprit de synthèse, et de prise de responsabilité. Ou de découragement, les politiques n'écoutant pas ce qu'on leur dit? S'il y avait accord entre les économistes, leur point de vue aurait tout de même du poids.
Addendum: La "Commission Attali", au sein de laquelle il y avait consensus semble-t-il, a préconisé de nombreuses mesures pour relancer la croissance. Elle constitue peut-être une exception; laquelle montre aussi qu'en économie les annonces sont souvent périlleuses, les groupes désavantagés par les propositions criant aussitôt haut et fort... La discrétion est nécessaire.
30 09 08 -
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J'ai souvent cette histoire en tête quand je ne suis pas satisfait de tel ou tel responsable: et si celui qui le remplacera un jour était pire?
Il ne s'agit pas d'excuser, ou de fermer les yeux, mais de prendre de façon réaliste la mesure de ce qui est, et de ce qui pourrait être!
Novembre 2008 -
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Apprendre à se déprendre
Je relève, à propos de la liberté, cette remarque d'André Comte-Sponville à la fin du chapitre de même nom de ses "Présentations de la philosophie":
"Il s'agit d'apprendre à se déprendre: cette liberté là n'est qu'un autre nom (..) pour la sagesse."
Le point de vue chrétien n'est pas très différent me semble-t-il: en se dégageant de ce qui contraint notre comportement pour s'ouvrir à l'amour, on devient libre. Cela comporte des renoncements.
Septembre 09
-
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Livres notés
(Que j'ai parcourus ou aperçus)
"Mission et culture" de Paul Hiébert, Ed. Emmaüs (CH)
Chemins de promenade aux Arcs 1800 (Savoie): à télécharger.
