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Le vrai, le réel, les "faits"
"Si rien n'était vrai, il ne serait pas vrai non plus que rien n'est vrai." (1)
"Il est vrai, lecteur, que tu es en train de lire ces lignes." (1)
Dans le domaine scientifique, c'est plutôt le mot "adéquat" qui convient, et non pas "vrai": la science propose des modèles du réel, qui décrivent adéquatement les phénomènes (certains phénomènes).
"Le réel, c'est l'ensemble de tout ce qui arrive ou continue." (2)
(PL: en ce sens - et désolé de mêler ici religion et philosophie - pour un chrétien la résurrection du Christ est réelle).
"Vrai, signifie (notamment): qui existe ou a existé réellement." (3)
Un événement vrai, c'est (donc) un événement qui a lieu ou a réellement eu lieu.
"Il n'y a que des faits, et c'est ce qu'on appelle le monde." (2)
Le fait Jésus comprend bien sûr ce qu'il a dit.
On ne peut pas dire d'un fait qu'il n'est "pas vrai"; mais on peut dire: "il n'est pas vrai qu'il ait eu lieu".
"Factualité: c'est ce qui appartient à l'orde des faits." (4)
"Blondel interprète (..) la factualité de la résurrection du Christ d'une façon plus empirique (..)." (4)
"Le fait de l'existence historique de Jésus appartient, selon nous, à l'historicité démontrable." (4)
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(1) Comte-Sponville, "Présentations de la philosophie".
(2) Comte-Sponville, "Dictionnaire philosophique".
(3) "Les mots de la philosophie"" A.Lercher, Belin.
(4) Foulquié, "Dictionnaire de la langue philosophique", article "Factualité".
Une approche "extérieure" de la liberté
J'ai l'impression que lorsque l'on s'interroge sur la liberté de l'homme, on se place souvent d'un point de vue "intérieur", subjectif: "Suis-je libre de faire ceci ou cela?".
Alors que la liberté est d'abord, de façon évidente, une donnée "extrinsèque" (j'aurais pu dire "extérieure", mais pas seulement, on va le voir): si je suis prisonnier entre quatre murs, j'ai moins de possibilités que si je suis "libre"; si je suis riche, j'ai plus de possibilités que si je ne le suis pas. Le donné externe délimite largement ce que je peux faire, ce entre quoi j'ai le choix.
Il n'y a pas que le donné externe: il y a aussi toute ma psychologie et les structures de ma personnalité, ainsi que ce que je comprends du monde: tout cela me rend plus ou moins facile ou difficile d'agir de telle ou telle façon. Une personnalité complètement bloquée n'aura que peu d'attitudes différentes, elle ne prendra pas d'initiatives.
Au contraire un chrétien qui a compris la puissance de l'amour peut en arriver à se sentir remarquablement libre, parce qu'il a une vision du monde où, comme dit Saint Paul, "tout est à lui" ("à vous").
Notre liberté est limitée. Et donc il n'y a pas que l'alternative "libre" ou "pas libre", par laquelle certains philosophes s'interrogent sur nos conditionnements intérieurs. Il y a la gamme de possibilités qui s'ouvre à moi.
24 12 10 - Commenter sur le blog
Voir aussi: Déterminisme et libre-arbitre (Gonseth)
et
"Apprendre à se déprendre".
