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Christianisme > Notes

Notes

La plupart des textes de cette page étaient jusqu'en février 2012 sur la page d'accueil du site, que j'ai souhaité alléger.
En plaçant le curseur sur la date qui précède chaque texte, on voit apparaître la référence du texte ("permalien"), ce qui permet de le copier et d'y faire référence.
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8.4.11
Le Carême prépare... Pâques!

Lorsqu'il a été proposé dans notre paroisse de faire un chemin de croix tous les vendredis de Carême, j'ai été surpris, et me suis même demandé si c'était bien "liturgique"...
C'est que pour moi le Carême n'a pas pour but de préparer le vendredi saint, ou de méditer spécialement sur la mort du Christ. C'est un temps de purification personnelle, pour préparer l'immense joie de Pâques: l'ouverture de nos tombeaux!

Chacun peut choisir, dans cette période, ce qui lui permet de se convertir, de se tourner davantage vers la source de l'amour. C'est un temps de prière renforcée; un temps de pénitence, de souci de l'autre. De vie au désert, pour laquelle des formes liturgiques inspirées de la prière monastique me conviendraient mieux.

Cela dit je reconnais que dans notre paroisse ce chemin de croix hebdomadaire de Carême (le vendredi soir à 20h) est une réussite: participation très nombreuse, esprit de prière évident! Belle dévotion populaire! C'est bien!

19.12.10
Avenir de l'église?

Vacances à la montagne. Le programme hebdomadaire des stations ne mentionne, contrairement aux années précédentes, ni messe ce dimanche, ni rien non plus pour Noël.
Nous descendons donc à la ville, siège d'un vaste doyenné. Pas de messe non plus aujourd'hui dimanche; seulement une "ADAP" (Assemblée Dominicale en l'Absence de Prêtre); pas de communion. Le soir du 24 il y aura une veillée avec messe à 18h30; mais rien le jour de Noël.
Je découvre combien notre région parisienne est privilégiée, grâce à sa densité de population et à l'apport de nombreux prêtres étrangers.

"ADAP" donc: dont le nom négatif est significatif (dans mon diocèse on dit ADAL: "animée par des laïcs"). Assemblée clairsemée, alors que d'habitude le dimanche la grande église est pleine, même hors saison. Beaucoup de personnes âgées, et chants datant pour une part des années 50 (je m'en souviens!).

Un blogueur canadien se demandait récemment si l'église (catholique) allait disparaître au Québec. J'avais haussé les épaules, connaissant suffisamment de chrétiens dynamiques, et convaincu que l'Esprit nous guidera. Mais si les messes sont de manière habituelle remplacées par des assemblées auxquelles manque l'essentiel, et si la joie d'être chrétiens ensemble n'anime pas nos communautés, combien vont s'en détourner? Et combien de nouveaux la rejoindre?

Déjà, bien que dans ma paroisse de banlieue nous ayons - cette année! - un prêtre, on entend de tous côtés: "Votre assemblée est trop ceci et pas assez cela" ("ceci" et "cela" variant selon les personnes); et un nombre croissant ajoute: "Je préfère aller ailleurs" (tant que cet "ailleurs" existe !).
Mgr Lustiger, comme beaucoup d'autres, le disait: "l'Eglise n'est pas un magasin où l'on vient choisir ce que l'on aime". Nous sommes une communauté... Nous devons être une communauté: vivante, aimante!
Et le pain eucharistique doit nous être donné, quoi qu'en pensent peut-être des intégristes qui n'acceptent pas que l'on communie aux assemblées dominicales sans prêtre.
Sinon ce sont des cultes protestants... en moins bien! Car chez les protestants il y a souvent partage du pain, signe d'unité; et une nourriture intellectuelle; etc. !

3.12.10
Psaumes 136 et 149...

Si vous lisez quelquefois les Psaumes, vous connaissez sans doute la fin du psaume 136:
"O Babylone (..), heureux qui saisira tes enfants pour les briser contre le roc."

Ce passage, comme un certain nombre d'autres, est entre crochets dans les psautiers, ce qui signifie que l'on peut les sauter... Heureuse initiative.
Par contre je découvre aujourd'hui la fin du psaume 149 (versets 6 à 9), qui vaut aussi son pesant de violence et qui n'est pas entre crochets:
"Qu'ils proclament les éloges de Dieu, tenant à la main l'épée à deux tranchants.
Tirer vengeance des nations, infliger aux peuples un châtiment,
Charger de chaînes les rois, jeter les princes dans les fers,
Leur appliquer la sentence écrite,
C'est la fierté de ses fidèles.
"

Et on parle quelquefois de passages du Coran appelant à la lutte contre les infidèles...
Balayons devant notre porte!

1.12.10
Hommes et femmes de paix

Nos paroisses sont-elles des lieux de paix? Sommes-nous des hommes et des femmes de paix?
Je parlais récemment avec un musulman, et nous tombions d'accord sur le fait que les croyants devraient essayer de contribuer à la paix dans le monde.
Mais quand je vois combien les comportements dans telle ou telle paroisse que je connais sont loin d'aller dans le sens de la paix, je m'interroge: les chrétiens ont-ils compris qu'ils doivent, qu'ils peuvent, être des hommes et des femmes de paix?
Ici c'est un organiste qui refuse de jouer quand un certain animateur dirige les chants; là c'est un sacristain qui dit au nouveau prêtre: "Vous devez accepter notre façon de fonctionner telle qu'elle est, et ne rien changer", puis qui ajoute: "N'essayez pas de me faire travailler avec UneTelle, je refuse."

Et j'ai bien d'autres exemples de chrétiens qui se comportent inamicalement avec d'autres paroissiens.

Après on fera de belles déclarations comme quoi la paix est importante; sans se rendre compte combien on la blesse par son attitude quotidienne.
On oublie trop facilement que la paix est quelque chose de précieux qu'il faut sauvegarder, nous qui avons la chance, en France, de l'avoir à peu près.
Et on oublie qu'il s'agit d'aimer, plus que de "faire" ou de produire des résultats.

Se remettre entre les mains de Dieu.
Voir en chaque femme et chaque homme, et d'abord en ceux que l'on rencontre à l'église, des frères avec qui il s'agit de vivre dans l'amitié.
Est-ce si difficile?

Etre des hommes, des femmes de paix.
Des hommes et des femmes de Dieu.

    Voir aussi "Le salut, c'est d'aimer"

22.11.10
Royaume, ou royauté?

Hier dimanche, c'était la fête du Christ Roi, source de malentendus et de difficultés.
Le prêtre a fait parler l'assemblée: la plupart ont dit que les rois, c'était du passé, etc.
Et on a ressorti la célèbre formule: "Mon royaume n'est pas de ce monde" (Jean 18,36). Cela m'a brusquement arrêté: le royaume ne serait pas de ce monde? C'est contradictoire avec ce que Jésus dit en Luc 17,21 ("Le royaume est au milieu de vous") et en tant d'autres endroits.
Après analyse, j'ai constaté que Jean n'emploie le mot "royaume" que deux fois (avec Nicodème au chapitre 3, et avec Pilate), alors que le terme est très fréquent dans les synoptiques. Et j'ai aussi noté que la TOB utilise trois traductions différentes du mot "Basileia", selon que l'on parle de Dieu qui "règne"; ou bien de notre vie - présente et future - dans le royaume; ou enfin de la royauté de Jésus (face à Pilate).

Au total il me paraît erroné de traduire le texte grec par "Mon royaume n'est pas de ce monde": car, oui, le royaume est déjà commencé. Il est du "déjà là" en même temps que du "pas encore là".
Je préfère dire avec la TOB: "Ma royauté n'est pas de ce monde".
Jésus prendra possession de sa royauté dans l'avenir. Sur cette terre, il est un roi crucifié, et nous sommes crucifiés avec lui, dans l'ébauche du Royaume qu'est notre vie de chrétiens.

20.11.10
"Bienheureuse es-tu, Marie"

J'ai beau dire lentement le "Je vous salue Marie" et en répéter les phrases, il m'est difficile d'en faire une prière personnelle: Ce n'est pas moi, ou un homme quel qu'il soit, qui a dit à Marie "Je te salue, pleine de grâce", c'est l'ange envoyé par Dieu. Donc je n'arrive pas à en faire vraiment ma prière.
En cherchant quelles phrases correspondraient à mes sentiments, j'ai abouti à ce qui suit:

"Bienheureuse es-tu, Marie, choisie par Dieu entre toutes les femmes; (et) béni soit Jésus ton enfant!"

On peut en avoir une version qui soit davantage sous forme de prière:

"Je me tourne vers toi, Marie, femme bienheureuse, choisie par Dieu parmi toutes les femmes.
Prie pour nous, pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort."

Mais finalement il suffit peut-être de changer un peu le début du texte actuel:

Je me tourne vers toi, Marie, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi!
Tu es bénie (etc.)

Il resterait à réfléchir sur la suite du texte officiel: pourquoi est-ce qu'après avoir dit que Marie est bénie, on dit que Jésus est lui aussi béni ! Certes les croyants (chrétiens et juifs) disent volontiers "Béni soit Dieu", mais là on cite Jésus comme s'il venait après Marie; c'est un peu bizarre... Il suffirait peut-être de couper en deux phrases, comme je l'ai fait ci-dessus en premier.

Pourquoi enfin s'adresse-t-on à Marie? Il y a une différence ici entre catholiques et protestants.
Pour moi les morts sont vivants, et je m'adresse à eux comme à des amis.
Dire qu'il s'agit d'une "prière" est certes ambigu. Mais les morts sont "dans le Seigneur". Et puis leur parler, c'est souvent leur faire une demande.
On dit bien à quelqu'un: "J'ai une prière à te faire" !

14.10.10
Sport et vie religieuse

Un peu de sport est conseillé à toute personne qui veut rester en bonne santé. Certaines communautés religieuses semblent malheureusement avoir fait l'impasse sur cet aspect de la vie; nous sommes aussi un corps, et il est bon de lui permettre d'exister!

Un de mes amis, membre d'une communauté dans le nord de la France, se voit ainsi refuser de prendre du temps pour son activité sportive préférée, parce que "cela donnerait un mauvais exemple aux autres"...
Heureusement je connais d'autres cas où on accepte que les membres puissent avoir une activité sportive: qui la piscine, qui un footing dans les bois, qui une sortie à vélo!

Une excellente conférence de Brian McLaren à de jeunes pasteurs insiste sur le fait qu'ils doivent réserver une partie de leur temps pour faire quelque chose qui leur plaît vraiment, même sans rapport avec la religion, et pour être avec des amis véritables, hors du cercle religieux. Voir ici (anglais; quatre vidéos en séquence, commencer au milieu de la première): "Pay close attention to yourself and to your internal climate!".
Des conseils à méditer par tous!

01.10.10
Au ciel, les travaux continuent...

En ce 1° octobre, fête de Thérèse de l'enfant Jésus qui est une de mes patronnes, j'ai "senti" (ce n'est pas le bon mot) quelques petits signes, et je me suis dit brusquement qu'au ciel, les morts - et spécialement les saints - agissent au long de leurs "journées" (!): ils cherchent à faire progresser l'amour - d'ailleurs Thérèse l'avait annoncé ("je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre..."). Et donc "ce n'est pas idiot" de s'adresser à eux, comme on téléphonerait à un vivant! Cela dit ils ont tellement de demandes qu'heureusement ils (elles) sont aidé(e)s par toutes sortes d'autres hommes et femmes!
Et ce soir il m'est venu une autre idée: à savoir que, au ciel "les travaux continuent"... : les défunts continuent à progresser vers Dieu; ils ne sont pas dans une attitude "statique", comme pourrait le faire croire, pour certains, le fait qu'on les ait déclarés saints; ils progressent dans l'amour!!

P.S.: Sur les signes, voir par exemple ce texte.

10.09.10
Plus facile après la mort?

Aimer, dès cette terre, ceux qui vous persécutent est certainement plus facile à dire qu'à faire.
Louer le Seigneur pour cette persécution est une attitude de foi dont il est plus facile de parler quand on n'est pas soi-même persécuté.
Je ne pense pas ici d'abord aux terribles persécutions qui visent les chrétiens dans diverses parties du monde, mais à un ami contre qui l'adversité s'acharne, y compris sous la forme d'autres chrétiens, sans doute bien intentionnés.
Aimer vraiment ces personnes qui vous font du mal est difficile: d'autant que les responsabilités des uns et des autres amènent à lutter, à décider, à se battre en somme. Le quotidien vous écrase; on ne peut pas "lever la tête du guidon".
Jésus nous demande d'aimer. Sans conditions. Et je pense aussi qu'aimer est plus important qu'agir : que si on choisit l'amour, Dieu s'occupera du reste.
L'amour, c'est d'accepter l'autre tel qu'il est, y compris dans son refus total de dialogue. De "louer Dieu pour la situation telle qu'elle est" (Merlin Carothers).
C'est dès cette terre que Jésus nous demande d'apprendre à aimer même nos ennemis. Les chrétiens s'imaginent parfois que "ce sera plus facile après la mort", parce qu'on sera plus en relation avec Dieu. Reconnaissons que nous n'en savons rien. Comme je l'ai écrit souvent et par exemple ici, il y a peut-être dans l'au-delà des courants et des épreuves difficiles.
Ecoutons Jésus aujourd'hui.

09.09.10
Prier avec l'Eglise, être avec l'Eglise

Je reprends le sujet que j'évoquais dans le billet "Relation avec l'Eglise? Ou relation avec Dieu et les hommes?".
Il peut arriver que l'on chante à l'Eglise des chants que je n'apprécie pas, voire qui contiennent des erreurs théologiques évidentes (le "qui souris et pardonne" du "Chez nous soyez reine"...). A une amie qui s'étonnait que je l'aie chanté, j'ai simplement répondu que je priais avec l'Eglise.
Si mon Eglise chante ce chant, je chante avec elle... Bon, je ne dis pas que je le fais toujours, mais je ne joue pas systématiquement la dissidence dans un moment pareil.
Prier avec l'Eglise, mais aussi être avec l'Eglise: aimer les membres de mon Eglise, quels que soient leurs défauts.
Aller aux réunions, pour que l'Eglise soit: que le corps se forme - ou ne se dissolve pas; même si telle ou telle réunion est inefficace et que je n'y peux- directement - rien...
Construire l'Eglise en étant avec l'Eglise; en aimant, serait-ce par une présence discrète et amicale.

01.09.10
Les gens difficiles

On est soi-même toujours quelqu'un de difficile - ou de détesté - aux yeux de quelqu'un d'autre; même si parfois on ne l'apprend que des années après.
Cela dit, vivre avec des gens difficiles demande beaucoup de foi et d'amour.
Le livre "Puissance de la louange" de Merlin Carothers montre combien une attitude humble de foi et de louange peut aider - (dans mon dossier téléchargeable voir notamment à partir de la page 14).
Ces jours-ci, quand je me lève, je demande au Seigneur que ma journée soit l'occasion de progrès dans son amour: que ce soir j'aie progressé dans l'amour!

Et il m'est venu à l'idée d'appliquer cette demande aussi aux rencontres avec des gens difficiles: si je sais que demain j'aurai à rencontrer quelqu'un dont le comportement me choque, ou avec qui les discussions sont exténuantes, je demande dès ce matin au Seigneur qu'après la rencontre avec cette personne j'aie progressé dans son amour, et non agi surtout selon mes sentiments.

28.08.10
Révélation, et élaboration

Spinoza voit semble-t-il dans la notion de révélation un ferment de discorde et de violence.
Il peut être intéressant dans cette perspective de voir dans le judéo-christianisme, et aussi dans la personne du Christ, la rencontre entre un courant ascendant et un courant descendant. L'homme imagine Dieu, précise son idée; Dieu vient à la rencontre de cette idée, que l'homme précise peu à peu, etc.
La révélation n'est plus alors violence (et/ou violence faite à l'homme); elle est dialogue, rencontre. L'homme "crée" Dieu en même temps que Dieu crée l'homme en l'aidant à grandir.
Dans le cas du Christ, cela correspond bien sûr à sa "double nature", selon l'expression théologique usuelle; mais aussi peut-être à un double mouvement en lui, où le Père se révèle progressivement à lui, et lui révèle sa nature de Fils, au fur et à mesure que lui-même dans le progrès de son itinéraire humain conçoit et comprend qui il est.

28.08.10
Demandons à changer!

Ce matin, messe chez les dominicaines. Fête de Saint Augustin avec des textes propres: prière de Salomon, et prière sacerdotale de Jésus.
Le prêtre nous parle de la prière et fait remarquer que Salomon - et Jésus! - demandent d'abord des choses pour eux-mêmes. Mais pas n'importe quoi.
La prière de Salomon est exaucée; ce qu'il a demandé pour lui même ("un coeur qui écoute"), c'est au service de sa vocation, au service des autres.
Nous aussi, ajoute-t-il, ne demandons pas que le voisin - que nous jugeons insupportable ou pécheur - change.
Demandons ce qui nous change nous-même, au service de l'amour.
Et nous serons exaucés.

12.08.10
Relation avec l'Eglise? Ou relation avec Dieu et les hommes?

Je lis parfois des textes, sur des sites que l'on pourrait qualifier de contestataires ou de progressistes (p.ex. Jonas, Garrigues et Sentiers, etc., ou l'inévitable Golias) sur le fait de "quitter ou non l'église" parce qu'elle est trop ceci ou pas assez cela.
Et cela me désole.
C'est avec Dieu que je me relie, par la foi et la vie spirituelle; un dieu d'amour, qui me dit d'aimer. Et donc je me veux relié à mes frères et soeurs en humanité; et notamment avec tous mes frères chrétiens, qu'ils soient trop ceci ou pas assez cela: qu'ils soient traditionalistes ou très "ouverts"; qu'ils soient catholiques, orthodoxes, évangéliques.
Quitter la famille des chrétiens n'aurait pour moi aucun sens, car elle est le lieu privilégié où j'entretiens ma foi. Et, au sein de cette famille très vaste des chrétiens, c'est bien dans ma famille locale - les chrétiens de mon quartier - qu'il me paraît normal de vivre ma foi: malgré les défauts éventuels des uns et des autres.
Le Pape et le Vatican me semblent "faire des erreurs"? La liturgie - et la théologie- me paraissent scandaleusement loin de ce qui serait souhaitable? La belle affaire! Ce que Dieu me demande, c'est d'aimer, pas de quitter mes frères. D'être au milieu d'eux comme Jésus nous a demandé d'être: "comme celui qui sert".
J'ai confiance en Dieu. C'est sa parole que j'essaie de suivre. Au milieu de ceux qui me sont donnés comme frères et soeurs, même si leur point de vue et leur action sont parfois très différents des miens.
Pour prendre un exemple, si ma grand-mère (née au 19° siècle) vivait encore aujourd'hui, elle aurait peut-être encore la forme de foi et de spiritualité que je lui ai connues, proches de celles du curé d'Ars; et je l'aimerais, comme je l'ai aimée.
L'amour doit rester premier, éclairé par l'Esprit.

09.08.10
Jésus, présence de Dieu

Je lisais tout à l'heure à propos d'Edith Stein (dont c'est la fête aujourd'hui) que sa mère, juive pratiquante, disait à sa fille: "Ton Jésus a été un homme bon. Mais pourquoi s'est-il fait Dieu?"
Cela m'a fait prendre conscience que pour beaucoup de juifs sans doute, comme pour les musulmans, l'idée qu'un homme puisse "être Dieu" est absolument inadmissible.
C'est, les chrétiens le savent, qu'il y a malentendu: Jésus n'est pas "le Père", "le tout".
Alors qui est-il? Et est-ce vraiment inadmissible pour un juif?
Jésus est "ce qu'il nous est possible de voir de Dieu quand Il se montre à nous sous la forme d'un homme". Et en même temps il nous révèle que l'homme est appelé à monter vers une divinisation, et que l'amour peut nous transformer, sans limites.
J'écrivais à propos de Jésus il y a quelques années:
"Qu'est-ce qu'un homme, quand il est complètement habité par l'amour? La réponse me paraît simple: c'est quelqu'un qui fait éclater les limites de la condition humaine".
Les juifs pourraient être ouverts à cette perspective: la Genèse ne dit-elle pas que Dieu a créé l'homme "à son image" (Gn 1,27) ? Un psaume ne dit-il pas "Vous êtes des dieux" (cf. Jn 10,34)? Et le Seigneur ne s'est-il pas montré à Abraham et à Moïse?
Pour Jésus comme pour un autre homme, il s'agit de percevoir peu à peu ce qu'il est réellement, au-delà de ce qui apparaît.
Ouverture à l'invisible, pourtant si proche...
Ouverture du coeur, qui nous fait découvrir que Jésus est bien ce qu'il dit. Qu'il est vérité, vie, amour.

04.06.10
"L'Esprit de Jésus les en empêcha" (Actes 16)

Mon imprimante est tombée en panne hier après-midi, au moment où je voulais imprimer un texte pour un ami prêtre qui part au Brésil; je le voyais hier soir. Le matin elle marchait encore.
J'y ai vu un signe du Seigneur, qui pensait sans doute que donner ce texte à mon ami n'était pas approprié.
Et, devinez quoi? Alors que j'ai contacté hier le Service après vente (pour un échange gratuit) et qu'ils doivent m'envoyer un transporteur, ... ce matin l'imprimante remarche!
J'y vois vraiment un signe très fort; d'autant que c'est avec des amis charismatiques que nous dinions hier.
 
Isaïe dit (je paraphrase, mais allez voir le vrai texte, qui n'est pas mal non plus):
"Je crée les pannes et je les répare; c'est moi, le Seigneur, qui fais tout cela" (d'après Is 45,7).
 
"A vous d'en juger, car nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu" (Actes 4,20).

10.04.10
Foi et amour

Dans la ligne de mon récent exposé sur le salut, je me dis qu'au fond, foi et amour sont très proches l'un de l'autre si on les énonce comme suit:
La foi, c'est d'accepter d'entrer en relation avec Dieu. L'amour, c'est d'accepter d'être en relation vraie avec les autres...

2.04.10
Prier, c'est être

Une de mes façons de prier, ces temps-ci, consiste d'abord à fermer les yeux. Et à constater que de temps en temps je les rouvre, notamment parce que j'ai entendu un bruit, ou parce que ma curiosité m'attire vers un objet extérieur; ou tout simplement parce que mon esprit a vagabondé et que j'ai oublié mon intention de rester les yeux fermés.

L'étape suivante, c'est d'accepter, sans m'en préoccuper, que mon esprit se tourne tantôt vers mon corps, avec ses douleurs et ses sensations, et tantôt vers Dieu. Après tout, nous sommes entièrement créés par Dieu, et appelés à être entièrement "en Dieu". Il est donc naturel que nous allions vers lui tels que nous sommes; et que l'état de notre corps fasse partie de notre souci.

Cela conduit à accepter d'être, tel qu'on est, en relation avec Dieu. Sans projet particulier autre que d'être! C'est en ce sens que je dis dans le titre de ce billet que "prier, c'est être".
Ensuite bien sûr la prière réelle se formule en moi de temps en temps. Et je ramène éventuellement à elle mon esprit qui s'égare.

17.01.10
"Pété un câble?"

Une amie astronome me parlait d'un de ses collègues. Il est convaincu me disait-elle que des extra-terrestres sont présents autour de la terre, mais ont choisi de ne pas se manifester. Elle concluait: "A mon avis il a pété un câble". Penser cela lui paraissait complètement farfelu, sans aucun rapport avec une attitude scientifique normale.
Je m'en suis souvenu en relisant ce que j'ai écrit, "avec mes mots à moi", dans le texte Vous croyez en Dieu, avec le monde tel qu'il est?: j'y parle de "l'immense bonheur de vivre avec Jésus dès à présent".
Outre qu'il s'agit là d'une formulation très approximative (je ne "vis pas" vraiment avec Jésus), il me semble à la réflexion que cela fait partie des expressions strictement dénuées de sens pour beaucoup de non croyants.
J'envisage de développer d'ici quelque temps une réflexion sur les façons de parler et d'être que les chrétiens devraient adopter pour être vraiment en dialogue avec les autres hommes. Je suis loin du compte -