Le Seigneur et nos demandes

Un participant d'ECN écrit notamment:
Quel est le rapport entre le mal qui existe et l'exaucement de la prière tournée vers une demande pour éloigner le mal?
Quelle est l'intervention active de Dieu dans l'Histoire et dans le destin personnel de ceux qui prient??
Je ne vois pas en quoi objectivement la prière peut éloigner un malheur (la maladie par exemple).

Cher J. !

Merci de ta contribution, qui soulève des questions essentielles.

C'est de la prière que tu parles, et non du mal dans le monde. Je commence toutefois par parler un tout petit peu de ce problème du mal. Le meilleur texte que je connaisse est une conférence du Père Duval-Arnould que l'on peut trouver en http://plestang.free.fr/duval.htm ; je viens d'en faire une sélection de 4 pages spécifiquement sur la question du mal (voir en bas de page web). “Jésus ne nous a pas dit d'où vient le mal; mais il nous donne le moyen de lutter contre lui, en nous et autour de nous”.

Concernant la prière, certains textes de l'évangile peuvent donner l'impression que si on a suffisamment de foi, on peut demander n'importe quoi. D'autres textes pourraient faire penser que l'on peut, de même, être guéri de n'importe quelle maladie.

Le “Notre Père” comprend d'abord des phrases où l'on se place dans la volonté de Dieu et dans le sens de la venue de son règne. Notre “pain quotidien”, est-ce seulement, ou d'abord, du pain “terrestre”, ou bien est-ce aussi et d'abord de vivre aujourd'hui dans l'Esprit, dans la grâce? Quant au “mal” auquel il ne faut pas succomber, c'est évidemment le péché. Il n'est pas vraiment question, dans le Notre Père, d'obtenir des choses tangibles ou des guérisons.

Lorsque Jésus dit “demandez et vous recevrez”, il ajoute ensuite: votre Père donnera *de bonnes choses*, ou encore, donnera *l'Esprit* !

C'est, comme tu l'écris, que “la mort n'est pas la fin” et que les chrétiens ne devraient pas raisonner comme les “païens” en voyant *toujours* dans la mort une catastrophe et dans la maladie un mal.

Hélène Keller (née sourde et aveugle) a écrit: “Je remercie Dieu pour mon infirmité car c'est à travers elle que j'ai trouvé mon Dieu”. Il ne faut certes pas généraliser, et faire du misérabilisme où on se réjouit toujours de la souffrance. Mais pour qui vit profondément dans la foi, l'essentiel n'est pas de se sentir bien ou d'avoir des événements heureux dans ses journées, mais d'entrer de plus en plus dans l'amour de Dieu, en sachant que la vie continue après la mort.

Je l'ai dit, il faut beaucoup de foi.

Une des formes supérieures de la prière est à mon sens la prière de louange, non pas la louange béate, mais la louange “avec notre intelligence”. Voir par exemple http://plestang.free.fr/louange.htm.

Alors, ne faut-il jamais faire de prière de demande? Si bien sûr, et avec confiance. Mais en ajoutant, quand on le peut: “Tu sais mieux que moi, Seigneur, ce qui est bon”… Ce qui nous renvoie quand même à nouveau au fait que Dieu accepte manifestement beaucoup de mal sur terre, et que nous ne pouvons pas le comprendre.

Il reste ce que tu ajoutes: que la prière nous change! Et cela est très important! Car de quoi s'agit-il sur terre pour un chrétien, sinon d'aimer? Et c'est bien la prière qui nous guide et nous soutient pour cela.

Bien à toi, Philippe L

 
ecn/ecn9.txt · Dernière modification: 2008/02/09 20:55 par pl
 
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