Jésus a-t-il eu peur?

vendredi 11 mars 2005

     A propos d'un livre de Lytta Basset, et d'un billet de blog en http://chemin.blogspot.com/2005/01/la-peur.html

     “Ma vie, nul ne la prend mais c'est moi qui la donne”
          d'après Jean 10,18

Chers amis,

Chacun de nous, c'est clair, a une idée différente de Jésus! Je me plongerai dans le livre de Lytta Basset quand je le pourrai.

Pour l'instant j'en reste à ce que j'avais dit dans ECN 645:

(..)pour moi avoir *le corps* qui se tord dans les affres de la peur parce que “la bête” ne veut évidemment pas mourir, c'est un automatisme physiologique, ce n'est pas une inhibition. Je n'emploierais pas le mot peur à ce sujet. Jésus a trop souvent dit “n'ayez pas peur”, et a tellement affirmé “le père et moi nous sommes un”, que je ne vois pas ce sentiment négatif en lui. (..) pour moi c'est l'animal qui se révolte à l'agonie, le mot peur ne me paraît pas convenir: Jésus doit soutenir le combat contre son corps, comme il devra le lendemain soutenir son dernier combat physique contre la violence déchaînée contre lui.”

Dans le même sens, sur “Choisis d'aimer”, à propos d'un texte du Père Sevin qui affirmait que Jésus ne savait pas de quelle façon il allait mourir, j'ai écrit notamment:
“Qu'est-ce qu'un homme, quand il est complètement habité par l'amour?
La réponse me paraît simple: c'est quelqu'un qui fait éclater les limites de la condition humaine à un tel point que même la mort ne peut plus rien contre lui: c'est Jésus!” (http://plestang.free.fr/jeshom.htm)

On dira: mais alors, pourquoi cette phrase “Père, s'il est possible, que ce calice passe loin de moi!”?

Il est difficile de comparer les situations que nous vivons à celle qu'a vécue le Christ ce jour-là, mais j'imagine certains chrétiens ayant beaucoup de foi, face à un événement extrêmement dramatique et qui semble inéluctable (comme la mort imminente d'un enfant), dire une prière de ce genre sans qu'il y ait de “peur” en elle… Mais j'admets volontiers qu'on puisse ne pas partager mon point de vue!

B. dit que nous sommes “un”. Cela nous entraînerait dans un débat psychologique fort long, mais pour moi la conscience c'est notamment la capacité à prendre de la distance par rapport aux spontanéités du corps. Saint Paul écrit par exemple “Je réduis mon corps en esclavage” (1 Co 9,27).

Quelques citations encore:
“De crainte, il n'y en a pas dans l'amour”, “Le parfait amour bannit la crainte” “Celui qui craint n'est pas accompli dans l'amour” (1 Jean 4,18)
“Ne craignez pas ceux qui tuent le corps” (Matthieu 10,28)
“Il partagea (notre) condition, afin (..) de délivrer ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d'esclaves” (Hébreux 2,15)

A priori, pour moi, c'est d'abord à partir de l'écriture qu'il faut argumenter, et non à partir de nos opinions personnelles.

P. cite aussi la phrase sur la croix, “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné”. C'est ici une autre question, difficile à discuter en quelques phrases. Il s'agit de savoir si, comme les évangiles l'affirment, Jésus savait qu'il allait ressusciter! S'il ne le savait pas, cette phrase est peut-être du désespoir, mais alors les évangiles nous racontent des histoires en disant que Jésus avait annoncé sa résurrection. Sinon, c'est la prière jusqu'au bout, avec le psaume 22 (21), approprié à la situation:

“ils ricanent et hochent la tête” etc.
     et une longue seconde partie positive, dont:
“La terre tout entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur”

 
ecn/ecn14.txt · Dernière modification: 2008/02/10 10:27 par pl
 
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