Un billet au hasard: Dieu mère; s'aimer comme on est
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    « Dictionnaire » et « Premier Testament », deux nouveaux livres de Catherine Lestang

    Après « Psychologies » présenté dans mon billet précédent, Catherine Lestang a sorti en mai un deuxième livre, « Dictionnaire », et vient d’en sortir un troisième, centré sur le Premier Testament. Le contenu de ces livres provient essentiellement de son blog « Porteuse d’eau » , mais réorganisé et relu.

    Catherine présente le « Dictionnaire » comme suit:
    « Quand j’ai repris le chemin de l’Eglise après une interruption de trente ans, j’ai buté littéralement sur les mots employés, qui n’avaient plus de sens pour moi et qui souvent me paraissaient faux, impropres, inadaptés. J’ai donc eu besoin de repenser ces mots, de leur retrouver un parfum, une odeur, une saveur, un nouveau sens; en tous les cas du sens pour moi, aujourd’hui. Cela ne veut pas dire que ce sens sera définitif. Ce dictionnaire se veut aussi impertinent, non pas au sens de «non pertinent», mais avec un sourire derrière. »

    Commentaire alphabétique d’un certain nombre de noms ou de thèmes, ce deuxième livre est rempli de passages savoureux. Citons-en juste un:
    DIEU ET SA COUR
    Au début du livre de Job (..) il est question des fils de Dieu qui viennent rencontrer YHWH, et du Satan qui vient avec eux (..) et dit « Je viens de parcourir la terre et de m’y promener » (..); comme YHWH qui, lui, venait se « promener dans le jardin à la brise du soir » sauf que son terrain à lui, le Satan, est bien plus grand. Et ensuite c’est Dieu qui entame la partie (..), avec la question : « As-tu vu mon serviteur Job? ». Nous connaissons la suite. Job devient un enjeu, ce qui fait qu’il ne peut pas donner un sens à ce qui lui arrive. Donc je repose ma question: pourquoi Dieu laisse-t-il entrer n’importe qui chez lui? (..) Et ne peut-on pas imaginer alors un autre dialogue? Le Satan mettant Dieu au défi d’envoyer quelqu’un capable de sortir l’humanité du mal dans laquelle lui, Satan, la maintient, et Dieu répondant chiche? Mais ce que le Satan ne sait pas, c’est que celui qui viendra ce sera Dieu lui même.

    Et voici qu’un troisième tome, « Premier Testament », vient de sortir!  Non moins pertinent!

    Par exemple cette réflexion, à nouveau sur Job:
    Cet éloge de Job par lui-même m’a fait penser à ce que Paul écrit dans l’épitre aux Romains (Rm 9, 31-32): « Israël, qui poursuivait une loi de justice, est passé à côté de cette loi. Pourquoi ? Parce qu’il l’a poursuivie, non pas en vertu de la foi, mais comme si elle relevait des œuvres ».

    Ou encore tout un chapitre sur les « figures d’ombre », avec notamment ces lignes:
    FIGURES D’OMBRE
    Chaque fois que je lis en Gn 32,24 le combat de Jacob contre cet inconnu qui vient l’assaillir au Yabboq, pendant la nuit qui le sépare de la rencontre avec son frère jumeau dont il a usurpé la place (droit d’aînesse et bénédiction), je me dis qu’il s’agit peut-être d’un combat contre l’Ange de Dieu, mais peut-être aussi du combat contre la figure d’ombre – celle qui cherche à détruire et qui a détruit – qui est en lui. Ces figures d’ombre, nous en portons tous et nous avons tendance à les fuir, de peur qu’elles ne nous mettent à mal. Pourtant, tant qu’elles n’ont pas été affrontées, elles restent toutes puissantes. »

    Parfois, ce sont les personnages de la Bible eux-mêmes que Catherine fait parler:
    JEPHTÉ
    « Jamais je n’aurais imaginé que ma fille sortirait la première avec son tambourin pour m’honorer. Elle est sortie la première et le monde s’est effondré pour moi. Qu’avais-je dit, qu’avais-je fait ? Avais-je besoin de ce vœu stupide pour remporter la victoire, puis que l’Esprit de Dieu était en moi ? Pourquoi ai-je douté de Lui ? »

    Catherine Lestang, lectrice attentive, médite la parole; elle sait lire, relire, et relier…

    Sur Amazon.fr: http://tinyurl.com/Cath-Lestang . Les tomes 2 et 3 , 162 et 127 pages, 10 euros chacun – Kindle 2 euros.


    Accompagnement psychologique et spiritualité – un livre témoignage

    Catherine Lestang vient de publier un livre, « Porteuse d’eau tome 1: Psychologies » , basé sur son expérience de psychologue clinicienne accompagnant des adultes et des enfants gravement malades, et ancré dans une vie spirituelle profonde. C’est aussi un livre de réflexion sur le christianisme. D’autres tomes suivront.

    Qu’il s’agisse d’enfants atteints physiquement (cancers etc.), ou de femmes ayant subi dans leur enfance des abus sexuels au sein de leur famille, Catherine, docteur en psychologie et amie attentive, réfléchit, accompagne, prie. Après des années de pratique à l’Hopital Saint Vincent de Paul, c’est maintenant par Internet qu’elle suit un certain nombre de patientes.

    Les spécialistes en psychologie y trouveront leur compte, à travers les références à de nombreuses théories et disciplines. Les lecteurs de bonne volonté seront impressionnés, voire effrayés, par les souffrances décrites. Et les chrétiens pourront s’associer à ce chemin de dialogue avec Dieu.

    Sur Amazon.fr : 112 pages, 8 euros  – Kindle 1 euro.

    Voir aussi le blog de Catherine.


    La compassion, chemin vers l’amour

    Homélie de M.-N., membre d’une communauté charismatique.

    La liturgie d’aujourd’hui mardi 5 janvier nous propose un extrait de la première lettre de Saint Jean, qui commence par cette phrase: “Aimons-nous les uns les autres”.

    Il s’agit d’un commandement, le commandement de l’amour, qui redit le premier commandement de la Loi: “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force, de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. »

    C’est étrange, un commandement à aimer! En effet, peut-on commander d’aimer? Est-il possible de s’obliger, de se forcer à aimer? L’amour, c’est spontané, c’est naturel: il y a des personnes avec qui c’est simple, d’autres avec qui c’est plus compliqué, voire impossible!

    Alors que veut dire pour nous ce commandement?

    Une piste nous est donnée dans l’évangile (Marc 6, 34-44), qui nous dit: “Jésus fut saisi de compassion pour ces foules sans berger.”

    Juste avant ce passage, il était question des disciples qui reviennent de mission, tout heureux des merveilles qu’ils ont vues, … sûrement bien fatigués aussi par cette mission! Et Jésus les invite tout naturellement à venir à l’écart pour se reposer un peu.
    Mais la présence de la foule change ces projets. C’est incroyable de voir combien Jésus se laisse déplacer: il est toujours disponible, d’abord ouvert aux autres, et non centré sur lui, sur sa fatigue éventuelle, son besoin de repos…

    Cela me renvoie à un livre que je suis en train de lire: “Missa sine nomine”, La messe sans nom, d‘un auteur allemand, Ernst Wiechert. Il raconte l’itinéraire de trois hobereaux allemands, trois frères, à la fin de la guerre de 1945 qui les a détruits psychologiquement, chacun de façon différente. Ce titre évoquerait le parallèle entre la messe qui célèbre la transformation du pain en corps du Christ, et, ici, la lente transformation de la haine en amour et de la rancoeur en charité.

    Chacun des frères réalise à quel point il leur est difficile – souvent absolument impossible – d’aimer, après ce qu’ils ont traversé. Lire la suite »


    Un « missel » pour les ADAP: « Célébrons le dimanche »

    Je découvre à notre Procure locale un ouvrage dont le format est identique à celui du Missel des dimanches et qui s’intitule « Célébrons le dimanche ».
    Après avoir parcouru l’introduction, j’ai fini par comprendre qu’il s’agit d’un document destiné aux assemblées qui n’ont pas de prêtre le dimanche (le prêtre tourne entre plusieurs communautés): « ADAP », Assemblées Dominicales en l’Absence de Prêtre.

    C’est astucieux et plein de suggestions, avec même un équivalent d’homélie, explication de la parole à faire par l’animateur de la célébration.

    Je regrette évidemment que la tendance actuelle (instructions officielles?) font que lorsqu’il n’y a pas de prêtre il n’y a pas d’eucharistie. Ma vision de choses est toute inverse: recevoir l’eucharistie serait un signe de communion avec le prêtre absent.

    Ce petit livre, sous-titré « Assemblées de la Parole – Dimanches et fêtes Année C », de format et épaisseur tout à fait semblables au Missel des dimanches, est vendu 12 euros.

    C’est une source intéressante, ne serait-ce que pour approfondir les lectures bibliques.


    « C’est ma très grande faute »

    A partir de 2017 certains textes de la messe vont être modifiés (voir par exemple sur « La Croix » ).
    Les instances romaines, pour assurer l’unité théologique des traductions nationales, ont exigé notamment que, dans le « Je confesse à Dieu », la version française abandonne l’expression « Oui, j’ai vraiment péché » pour revenir au « C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute »; parce que le texte latin dit cela.

    On peut comprendre le souci d’unité; mais on peut surtout penser que c’est le texte latin qui devrait être changé…

    Si par exemple j’en veux beaucoup à quelqu’un, est-ce « un péché »? Les uns diront oui, les autres diront peut-être non… parce que ce n’est pas « volontaire ». C’est assurément une attitude qui n’est pas idéale du point de vue de l’amour. Cela fait partie de notre situation pécheresse: je suis pécheur, et non pas « je fais un péché ».
    C’est un premier débat: faut-il parler seulement et toujours de « péchés » individualisés, ou reconnaître plus généralement que nous sommes pécheurs, manquant gigantesquement d’amour.

    Mais à l’erreur théologique ci-dessus (seul ce qui est volontaire est péché) se rajoute une erreur psychologique, de volontarisme et de culpabilisation; qui est aussi une erreur spirituelle.
    En effet la vie spirituelle ne consiste pas essentiellement en efforts pour « agir bien » (par rapport à l’idée que j’ai à un moment donné de ce que c’est qu’agir bien); on est là dans la psychologie d’un enfant de 7 ans.
    Aux « efforts » pour agir bien se rajoute alors la culpabilité de ne pas avoir toujours agi comme il faudrait.. (c’est en ces termes qu’un certain nombre de prêtres introduisent le « Je confesse à Dieu »).
    Ce n’est pas seulement une erreur psychologique, empêchant d’atteindre une vie intérieure apaisée et équilibrée; c’est une erreur spirituelle: notre relation à Dieu, père très aimant, ami, n’est pas une relation selon une loi, mais une vie dans l’amour. Amour imparfait; désir d’un amour toujours plus grand, par la fusion progressive de notre âme en Dieu.
    J’aime pour ma part comparer ma relation à Dieu à la relation qu’un petit enfant peut avoir avec sa mère bien aimée; mère très aimante, qui connaît notre désir – notre décision – de nous donner entièrement à l’amour, et auprès de qui nous commençons effectivement à vivre cet amour: dans la paix et dans la liberté. Les termes de « devoir » – et encore moins de « punition » – n’ont pas de sens dans cette situation. Il est clair que nous faisons des « fautes », mais l’essentiel du péché n’est pas là: il est dans la distance entre ce que nous sommes et l’immensité de l’amour de Dieu. L’Esprit de Dieu nous aide jour après jour à avancer dans cet espace.

    Il reste à souhaiter, mais c’est sans doute trop tard pour cette fois, que les évêques francophones sachent, une autre fois, résister aux services du Vatican quand ils proposent quelque chose d’inapproprié. Et qu’un synode futur change les choses (change le texte latin), ou accepte la diversité, selon la perception spirituelle de chaque pays.

    Il est clair pour moi que je ne dirai pas « C’est ma très grande faute ». Je pourrais dire « Je suis très pécheur », car c’est vrai; mais je trouverais cette formulation ridicule, inadaptée à une récitation publique.
    Je préfère (et je pense): « Je suis vraiment pécheur »; et j’accepte, comme plus concret: « J’ai vraiment péché ».

     

    PS: Je m’aperçois que le billet précédent, du 19 octobre, disait déjà un peu la même chose: je me répète?


    « Est-ce un péché »?

    Un grand malentendu, ou plutôt une grande différence d’approche, me semble exister entre ceux qui se demandent, à propos d’une attitude quelconque: « Est-ce un péché? », et ceux qui se reconnaissent, de manière permanente, très pécheurs.
    Je m’explique.

    Pour les uns le péché est « un acte volontaire », comme le dit Saint Thomas: le péché est un acte par lequel l’homme se détourne volontairement de Dieu.
    Pour les autres le péché est le manque d’amour, l’absence d’amour, la situation profonde et permanente dans laquelle nous nous trouvons: il s’agit, comme Thérèse de l’Enfant Jésus, d’accepter le réel de notre faiblesse, et de nous offrir à Dieu tels que nous sommes, pour qu’il agisse en nous (et non pas d’abord pour que nous agissions volontairement).

    Plus on prend conscience de ce qu’est l’amour de Dieu, de l’immensité de la métamorphose à laquelle il nous appelle pour devenir des saints remplis d’amour, et de notre incapacité évidente et naturelle à le faire – alors que lui peut le faire en nous, plus cet amour infini devient notre référence.

    La question n’est alors pas « Est-ce que ceci ou cela est un péché? » mais « Comment puis-je devenir un être qui à chaque instant brûle intérieurement de l’amour infini de Dieu, comme les grand saints ». La réponse étant, comme la petite Thérèse l’a compris, de se laisser porter par Dieu: de le regarder lui, et non nous.

    Un exemple d’actualité: avec toutes les guerres, tous les réfugiés qui arrivent en Europe, et ceux qui s’entassent à Calais ou ailleurs, comment pouvons-nous rester dans notre fauteuil, et continuer notre petite vie?
    Une réponse qui serait « nous ne sommes pas appelés à nous en occuper directement », ou « c’est une vocation particulière », me paraîtrait insupportablement facile.

    Pour moi, je sais que c’est l’amour de Dieu en moi qui n’est pas suffisant; mais que cet amour, dont mon coeur et mon corps pressentent le caractère infini et renverseur de montagnes, peut m’appeler à chaque instant à tout quitter pour le suivre.

    Je ne me demande pas si c’est « un péché » de ne pas aller aider tous ces malheureux. Je sais que c’est l’absence d’un amour suffisant en moi qui me laisse du côté des tièdes.

    Mais je suis prêt pourtant à tout instant à être transfiguré par Lui. A aller où il le voudra témoigner de son amour.

     


    Que mes pieds portent l’amour!

    L’évangile de ce dimanche comprenait le célèbre passage: « Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la! » « Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le! », « Si ton oeil entraîne ta chute, arrache-le! » (Marc 9,43-47).
    Notre prêtre a commencé par développer ce que dit le passage: le tort que nous pouvons faire avec notre main, avec nos pieds, avec notre regard.

    Puis il a ajouté: « Mais il manque quelque chose dans l’énumération que fait Saint Luc: la bouche ! Le tort que nous pouvons faire avec notre bouche! »

    Et ensuite… il a inversé les affirmations:
    – Voyez le bien que vous pouvez faire avec vos mains! Le bien que vous pouvez faire avec votre regard; avec votre parole !
    Le bien que vous pouvez faire en vous déplaçant avec vos pieds!

    Que mes pieds portent l’amour !


    Quelques livres sur le futur..

    Essayant de réfléchir sur le futur, j’ai commencé à dresser une liste de livres traitant plus ou moins du sujet. Cette liste est évidemment incomplète, et il s’agit souvent de livres que je n’ai pas lus (pas encore lus…).

    Leur valeur est certainement inégale. Les commentaires sur Amazon.fr, et plus encore sur Amazon.com, permettent de s’en faire une idée (il s’agit pour pour une part de livres en anglais).

    Voir en http://www.plestang.com/livres1.php .


    Relation à l’autre: « La 3° voie » (S.Covey)

    Qui voyez-vous quand vous regardez quelqu’un ?
    Dans son livre « La 3° voie », Stephen Covey nous propose de remettre en cause l’habitude que nous avons de classer souvent, inconsciemment, les personnes et les opinions en catégories tranchées, ne laissant guère de place à la rencontre et à la synergie.
    Il est possible de dépasser la pensée binaire (telle que « les gens qui sont avec moi – ceux qui sont contre moi »). Et d’abord en se regardant soi-même!

    Première étape: « Je me vois » – « Autrement dit j’ai conscience de ce que je suis. J’ai examiné mes motifs, mes incertitudes, mes préjugés. Je me suis intéressé aux présupposés qui sont les miens ».

    Deuxième étape: « Je m’intéresse à vous » – « Je vous considère comme un être humain, et non pas comme un ensemble d’attitudes, de comportements ou de convictions ».

    Troisième étape: « Je m’adresse à vous afin de saisir pleinement ce qui est dans votre coeur, dans votre esprit et dans votre âme, au lieu de vous juger. »

    Banal dira-t-on? Mais Stephen Covey approfondit: « Que vois-je quand je me regarde dans la glace? Un être réfléchi et respectueux, qui a des principes et l’esprit ouvert? Ou bien un individu qui a réponse à tout et méprise ceux “de l’autre camp“ lorsque surgit un conflit? Est-ce que je pense par moi-même, ou bien est-ce que je m’en remets aux autres pour cela? »

    Stephen Covey est aussi l’auteur du livre « Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent » (traduit dans de très nombreuses langues, mais dont la traduction française est jugée déplorable par les commentateurs sur Amazon). Il a participé à de nombreuses négociations et discussions dans le monde entier.

    (First Editions, 2012)

     

    P.S.Bien que n’ayant pas encore lu en entier « La 3° voie », j’ajoute une remarque, dont Covey parle peut-être: à savoir qu’il est intéressant de « décomposer la difficulté en autant de parties qu’il est nécessaire pour la mieux résoudre » (Descartes). Et que donc la démarche décrite ci-dessus peut s’appliquer avec profit pour avancer sur tel ou tel « sous-problème » au sein d’une discussion plus large: en parcourant les étapes ci-dessus à propos d’un seul problème particulier.


    Foi et science: quelques réflexions

    A l’occasion d’une rencontre avec un prêtre interrogeant des scientifiques sur les domaines respectifs de la science et de la foi, j’ai essayé de clarifier mes idées sur ce sujet.

    – Il y a les idées que certains scientifiques des sciences dures ont de la science, et il y a la diversité des sciences humaines ou autres, pour lesquelles les expériences ne sont pas répétables, et les hypothèses plus clairement fragiles que dans les sciences dures.

    – Il y a parmi les scientifiques des attitudes ouvertes; et des attitudes fermées: ceux pour qui n’existe que ce qui est prouvé par les méthodes déjà en vigueur, et qui ont tendance à écarter tout fait qui ne cadre pas avec ce qu’ils croient savoir.

    – Qu’est-ce que la « méthode scientifique »? Bachelard et Gonseth ont montré qu’il est souhaitable qu’elle soit faite d’itérations entre des hypothèses et des expériences, avec toujours une grande ouverture à d’autres possibilités.

    – Dans beaucoup de sciences humaines, des notions comme celles de confiance et d’écoute ont un grand rôle.

    – En matière humaine, la confiance dans le témoignage, l’engagement dans une relation vraie, sont souvent des conditions pour comprendre un problème, et donc pour le décrire et éventuellement expérimenter à son sujet.

    – « Vous ne comprenez pas parce que vous n’aimez pas » a écrit Dostoievski quelque part.

    – Face à des faits que l’on vous rapporte, on acceptera ou non le témoignage en fonction de divers paramètres, dont notamment la confiance que l’on fait à celui qui vous en parle, et la familiarité que l’on a – ou non – avec le genre d’hypothèses sous-jacentes. Exemple: les NDE.

    – En ce qui concerne la foi, je propose que l’on regarde s’il est possible de l’approcher comme une attitude de confiance, d’abord par rapport à des témoins qui vous en parlent, puis directement par rapport à un réel qui se montre à nous de façon très discrète, à peine perceptible.

    – En ce sens on peut se demander s’il y a une différence de nature entre les sciences humaines et la foi: la relation qu’a un psychologue avec son patient met en oeuvre à la fois un savoir et des qualités humaines. De même la foi se base sur ce qu’a été Jésus, d’après ce qu’on pense en savoir, et sur un engagement dans la relation avec ce réel à peine perceptible.

    – La science peut-elle « prouver » que Dieu n’existe pas? Evidemment non; mais cela dépend aussi de ce que l’on désigne par Dieu! Je propose (cf. « Le fait Jésus ») de ne pas se centrer sur la création, mais sur l’existence ou non d’êtres très supérieurs.

    – La science couvre certains « comment »: pour les processus qu’elle a repérés. Mais elle n’a pas repéré, ou guère (psy) les processus de l’amour: qui sont impalpables (le vent souffle où il veut), mais puissants (miracles).

    – Faut-il distinguer le « pourquoi » et le « comment »: comme si la science s’occupait du comment, tandis que la foi ne s’intéresserait qu’au pourquoi, révélé par la Bible? Il est fort possible que le pourquoi nous dépasse complètement. Plutôt que d’attendre, comme un enfant, que Dieu nous dise le pourquoi, intéressons-nous à la façon de vivre que nous propose Dieu: et qui est peut-être la meilleure réponse au comment, c’est à dire qui montre des chemins que la science n’a pas repéré; des chemins de vie, que peut-être la science pourra peu à peu analyser!

    – En modifiant à peine la question précédente, on arrive à la question du sens. La science donne-t-elle le sens de la vie? Pas sûr. Les philosophies et les spiritualités ont ici toute leur place, notamment comme des techniques pour aller vers la « vie bonne ».

    – La foi chrétienne n’est pas en elle-même une spiritualité (elle est relation, en confiance – voir plus haut), mais elle en génère de nombreuses.