Un billet au hasard: L'iPad... oui, mais pour quoi faire?
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    « Le testament du Roc »: une magnifique vie de Jésus!

    J’ai découvert il y a quelques jours le remarquable et long récit que Denis Marquet a publié au printemps sous le titre du « Testament du Roc ». Le « Roc », c’est Saint Pierre: l’auteur le suppose en prison à Rome et racontant, au bénéfice de ses deux co-détenus, l’histoire de Jésus. Magnifique! Un des meilleurs textes que j’aie lus depuis longtemps, à plusieurs points de vue.

    Denis Marquet, normalien et philosophe, n’en est pas à son coup d’essai puisque, d’après Seraphim, un de ses romans précédents s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires!

    Ce « roman historique » reprend le parcours de l’apôtre Pierre, ses doutes, sa vie avec Jésus. Les principaux passages des évangiles y sont, qu’ils aient été vécus par Pierre ou lui aient été rapportés. J’avoue avoir été souvent ému par le texte, tant il est bien vu.

    Astucieusement, Denis Marquet interrompt occasionnellement le récit par un débat avec les deux co-prisonniers de Rome, dont l’un est un disciple de Zoroastre et l’autre un Romain de haute extraction.

    Reprenant une hypothèse déjà exposée notamment par Jean-Christian Petitfils, l’auteur fait intervenir un disciple secret, proche des milieux sacerdotaux, futur auteur du 4° évangile. D’autres personnages, et notamment Judas, sont également bien décrits, ainsi que quantité de situations familières aux lecteurs des évangiles, comme ses relations avec sa famille de Nazareth.

    Au total un très beau livre, dont je ne connais pas d’équivalent.

    Bravo !


    Transformer les news Twitter en flux RSS

    Comme le rappelle le site KeepitSimple, « les flux RSS sont fondamentaux dans la pratique d’une veille efficace, que ce soit par des professionnels ou des amateurs éclairés du web ».

    Il suffit, pour transformer les news Twitter en flux RSS, d’utiliser le site Queryfeed comme dans l’exemple ci-dessous.

    query2

    Après avoir tapé « from: » et le nom du compte (sans l’arobace), cliquez sur « Search ». Vous aboutissez à une page de résultat dont vous notez l’URL.

    Il vous reste à aller dans votre lecteur de flux RSS (par exemple Netnewswire, excellent sous Mac), et à « créer un nouveau flux ».

    Si vous suivez beaucoup de comptes, c’est évidemment une manip initiale un peu fastidieuse. Mais ensuite vous pouvez regrouper tous ces flux dans un dossier, et cela fera une seule ligne dans votre lecteur de flux.

    J’ajoute que je m’arrête, là, à la méthode la plus rapide: elle ne fait pas apparaître en titre de chaque news les premiers mots du texte; cela doit être possible.

    Parcourir des flux RSS est beaucoup plus rapide que consulter son lecteur de news Twitter !

     


    Portraits de femmes, portraits d’hommes: « Porteuse d’eau – Tome 5 »

    Et voilà le dernier tome (pour l’instant?) des réflexions de Catherine Lestang sur la Bible. Tome plein de richesses, comme les précédents.

    Souvent les personnages de l’évangile y parlent à la première personne; et ce que Catherine écrit, parfois seule une femme pouvait l’écrire.

    Marie: « Je n’aime pas Jérusalem; ma ville à moi, c’est Nazareth, pas Jérusalem. Toute ma famille vit à Nazareth, mon époux Joseph, qui lui était de Bethléem, y est enterré. Mon fils Jésus arpente tout le pays depuis presque 3 ans. Pour les notables, notre Galilée a mauvaise réputation. »

    Des réflexions sur Jésus « le bouseux qui a l’accent de Galilée »; sur Saint Paul, que l’on peut détester et aimer à la fois…

    Sur l’onction par la « pécheresse »: « Ces gestes, ce sont des gestes qu’une femme fait avec son bébé. Son bébé, on le lave, on l’essuie et on l’enveloppe pour qu’il se sente sec, et enveloppé de douceur; on aime bien bien embrasser les pieds de son bébé, et on aime qu’il sente bon, qu’il sente une odeur que l’on a choisie pour lui. »

    A propos de Marie-Madeleine au tombeau:  « Dans toute vie spirituelle, il y a des espèces de cycles dans notre relation avec Jésus. Le risque est toujours immense de s’approprier la personne de Jésus, de nouer avec Lui un lien certes privilégié (comme nous avons pu en avoir avec certains membres de nos familles, avec certains amis), mais qui parfois bascule sans que nous nous en rendions compte dans la possession. Cela se fait doucement, imperceptiblement. Et cela finit par mettre Jésus dans une sorte de tombeau. Il est devenu notre propriété. Alors arrive un jour où l’on est comme perdu, parce que « ce » Jésus là, on l’a perdu, on nous l’a volé. »

    Et aussi: « Je crois (..) très profondément que ce que l’on appelait autrefois « les crises de foi » sont nécessaires, même si elles doivent durer des années, pour nous déprendre d’un Dieu que nous avons créé à notre image et à notre ressemblance. » (p.80)

    A lire et à déguster! Sûrement, des passages parleront à votre coeur.

    En vente sur Amazon: 10 euros; Kindle: 2 euros.

     

    Voir aussi les billets de blog précédents

    Accompagnement psychologique et spiritualité – un livre témoignage

    « Dictionnaire » et « Premier Testament »: deux nouveaux livres de Catherine Lestang

    Le lavement des pieds comme vous ne l’avez jamais lu, et autres textes: « Porteuse d’eau » tome 4


    Le lavement des pieds comme vous ne l’avez jamais lu, et autres textes: « Porteuse d’eau » tome 4

    Catherine Lestang vient de publier le 4° tome de ses réflexions sur la Bible, « Porteuse d’eau – tome 4 », consacré aux évangiles, avec toujours la même qualité de réflexion, nourrie d’une méditation approfondie de la Bible. Elle ouvre à chaque instant des perspectives nouvelles, dans un style très personnel. Comme les précédents, ce livre regroupe des billets publiés au cours de ces dix dernières années dans son blog « Porteuse d’eau« . Exemples:

    A propos de Matthieu 5,23-24 (« Va te réconcilier avec ton frère »), Catherine insiste sur la nécessité de sortir de notre aveuglement face au péché, et ajoute: Si je ne pose pas un acte envers mon frère, ma faute envers lui peut-elle être effacée?

    Sur le pardon (Mt 18,25) elle écrit: Peut-être que si deux ou trois sont avec moi pour demander que j’apprenne à pardonner, alors la présence de Jésus parmi nous rendra possible l’impossible.

    Sur la brebis égarée (p. 57): Au lieu de se dire que la brebis égarée, c’est l’autre, peut-être pouvons-nous reconnaître que la brebis égarée, c’est nous, et que le berger est là pour nous, pour nous aimer et pour que nous l’aimions. Finalement, le troupeau est fait de brebis égarées qui ont un jour entendu la voix du berger, qui sont connues de lui, qui le connaissent, et qui sont remplies de la joie de Celui qui est prêt à donner sa vie pour elles.

    Et pour le lavement des pieds (pp.180 et suivantes), elle relie notamment la scène… au buisson ardent qui ne se consume pas, et où Moïse enlève ses sandales. Ici c’est Jésus qui est le buisson ardent, et c’est Lui qui, en ôtant les chaussures de ses disciples et en leur lavant les pieds, les rend participants à une vie nouvelle, la vie brûlante de Dieu; en un geste qui est presque un geste de baptême.

    Le livre fourmille d’autres réflexions et rapprochements passionnants, par exemple entre le vin de Cana, le vin-aigre de la croix et le vin doux de la Pentecôte; et entre Emmaüs et la scène au bord du lac en Jean 21: si braises il y a, c’est que le feu brûle déjà depuis longtemps; alors peut-être que Jésus veille sur les apôtres, tandis qu’eux n’ont pas pu veiller avec lui.

    Un 5° tome, continuant l’étude du nouveau testament, est en préparation.

    En vente sur Amazon: 15 euros; Kindle: 3 euros.

    Voir aussi les billets de blog précédents

    « Dictionnaire » et « Premier Testament »: deux nouveaux livres de Catherine Lestang

    Accompagnement psychologique et spiritualité – un livre témoignage


    « Dictionnaire » et « Premier Testament », deux nouveaux livres de Catherine Lestang

    Après « Psychologies » présenté dans mon billet précédent, Catherine Lestang a sorti en mai un deuxième livre, « Dictionnaire », et vient d’en sortir un troisième, centré sur le Premier Testament. Le contenu de ces livres provient essentiellement de son blog « Porteuse d’eau » , mais réorganisé et relu.

    Catherine présente le « Dictionnaire » comme suit:
    « Quand j’ai repris le chemin de l’Eglise après une interruption de trente ans, j’ai buté littéralement sur les mots employés, qui n’avaient plus de sens pour moi et qui souvent me paraissaient faux, impropres, inadaptés. J’ai donc eu besoin de repenser ces mots, de leur retrouver un parfum, une odeur, une saveur, un nouveau sens; en tous les cas du sens pour moi, aujourd’hui. Cela ne veut pas dire que ce sens sera définitif. Ce dictionnaire se veut aussi impertinent, non pas au sens de «non pertinent», mais avec un sourire derrière. »

    Commentaire alphabétique d’un certain nombre de noms ou de thèmes, ce deuxième livre est rempli de passages savoureux. Citons-en juste un:
    DIEU ET SA COUR
    Au début du livre de Job (..) il est question des fils de Dieu qui viennent rencontrer YHWH, et du Satan qui vient avec eux (..) et dit « Je viens de parcourir la terre et de m’y promener » (..); comme YHWH qui, lui, venait se « promener dans le jardin à la brise du soir » sauf que son terrain à lui, le Satan, est bien plus grand. Et ensuite c’est Dieu qui entame la partie (..), avec la question : « As-tu vu mon serviteur Job? ». Nous connaissons la suite. Job devient un enjeu, ce qui fait qu’il ne peut pas donner un sens à ce qui lui arrive. Donc je repose ma question: pourquoi Dieu laisse-t-il entrer n’importe qui chez lui? (..) Et ne peut-on pas imaginer alors un autre dialogue? Le Satan mettant Dieu au défi d’envoyer quelqu’un capable de sortir l’humanité du mal dans laquelle lui, Satan, la maintient, et Dieu répondant chiche? Mais ce que le Satan ne sait pas, c’est que celui qui viendra ce sera Dieu lui même.

    Et voici qu’un troisième tome, « Premier Testament », vient de sortir!  Non moins pertinent!

    Par exemple cette réflexion, à nouveau sur Job:
    Cet éloge de Job par lui-même m’a fait penser à ce que Paul écrit dans l’épitre aux Romains (Rm 9, 31-32): « Israël, qui poursuivait une loi de justice, est passé à côté de cette loi. Pourquoi ? Parce qu’il l’a poursuivie, non pas en vertu de la foi, mais comme si elle relevait des œuvres ».

    Ou encore tout un chapitre sur les « figures d’ombre », avec notamment ces lignes:
    FIGURES D’OMBRE
    Chaque fois que je lis en Gn 32,24 le combat de Jacob contre cet inconnu qui vient l’assaillir au Yabboq, pendant la nuit qui le sépare de la rencontre avec son frère jumeau dont il a usurpé la place (droit d’aînesse et bénédiction), je me dis qu’il s’agit peut-être d’un combat contre l’Ange de Dieu, mais peut-être aussi du combat contre la figure d’ombre – celle qui cherche à détruire et qui a détruit – qui est en lui. Ces figures d’ombre, nous en portons tous et nous avons tendance à les fuir, de peur qu’elles ne nous mettent à mal. Pourtant, tant qu’elles n’ont pas été affrontées, elles restent toutes puissantes. »

    Parfois, ce sont les personnages de la Bible eux-mêmes que Catherine fait parler:
    JEPHTÉ
    « Jamais je n’aurais imaginé que ma fille sortirait la première avec son tambourin pour m’honorer. Elle est sortie la première et le monde s’est effondré pour moi. Qu’avais-je dit, qu’avais-je fait ? Avais-je besoin de ce vœu stupide pour remporter la victoire, puis que l’Esprit de Dieu était en moi ? Pourquoi ai-je douté de Lui ? »

    Catherine Lestang, lectrice attentive, médite la parole; elle sait lire, relire, et relier…

    Sur Amazon.fr: http://tinyurl.com/Cath-Lestang . Les tomes 2 et 3 , 162 et 127 pages, 10 euros chacun – Kindle 2 euros.


    Accompagnement psychologique et spiritualité – un livre témoignage

    Catherine Lestang vient de publier un livre, « Porteuse d’eau tome 1: Psychologies » , basé sur son expérience de psychologue clinicienne accompagnant des adultes et des enfants gravement malades, et ancré dans une vie spirituelle profonde. C’est aussi un livre de réflexion sur le christianisme. D’autres tomes suivront.

    Qu’il s’agisse d’enfants atteints physiquement (cancers etc.), ou de femmes ayant subi dans leur enfance des abus sexuels au sein de leur famille, Catherine, docteur en psychologie et amie attentive, réfléchit, accompagne, prie. Après des années de pratique à l’Hopital Saint Vincent de Paul, c’est maintenant par Internet qu’elle suit un certain nombre de patientes.

    Les spécialistes en psychologie y trouveront leur compte, à travers les références à de nombreuses théories et disciplines. Les lecteurs de bonne volonté seront impressionnés, voire effrayés, par les souffrances décrites. Et les chrétiens pourront s’associer à ce chemin de dialogue avec Dieu.

    Sur Amazon.fr : 112 pages, 8 euros  – Kindle 1 euro.

    Voir aussi le blog de Catherine.


    La compassion, chemin vers l’amour

    Homélie de M.-N., membre d’une communauté charismatique.

    La liturgie d’aujourd’hui mardi 5 janvier nous propose un extrait de la première lettre de Saint Jean, qui commence par cette phrase: “Aimons-nous les uns les autres”.

    Il s’agit d’un commandement, le commandement de l’amour, qui redit le premier commandement de la Loi: “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force, de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. »

    C’est étrange, un commandement à aimer! En effet, peut-on commander d’aimer? Est-il possible de s’obliger, de se forcer à aimer? L’amour, c’est spontané, c’est naturel: il y a des personnes avec qui c’est simple, d’autres avec qui c’est plus compliqué, voire impossible!

    Alors que veut dire pour nous ce commandement?

    Une piste nous est donnée dans l’évangile (Marc 6, 34-44), qui nous dit: “Jésus fut saisi de compassion pour ces foules sans berger.”

    Juste avant ce passage, il était question des disciples qui reviennent de mission, tout heureux des merveilles qu’ils ont vues, … sûrement bien fatigués aussi par cette mission! Et Jésus les invite tout naturellement à venir à l’écart pour se reposer un peu.
    Mais la présence de la foule change ces projets. C’est incroyable de voir combien Jésus se laisse déplacer: il est toujours disponible, d’abord ouvert aux autres, et non centré sur lui, sur sa fatigue éventuelle, son besoin de repos…

    Cela me renvoie à un livre que je suis en train de lire: “Missa sine nomine”, La messe sans nom, d‘un auteur allemand, Ernst Wiechert. Il raconte l’itinéraire de trois hobereaux allemands, trois frères, à la fin de la guerre de 1945 qui les a détruits psychologiquement, chacun de façon différente. Ce titre évoquerait le parallèle entre la messe qui célèbre la transformation du pain en corps du Christ, et, ici, la lente transformation de la haine en amour et de la rancoeur en charité.

    Chacun des frères réalise à quel point il leur est difficile – souvent absolument impossible – d’aimer, après ce qu’ils ont traversé. Lire la suite »


    Un « missel » pour les ADAP: « Célébrons le dimanche »

    Je découvre à notre Procure locale un ouvrage dont le format est identique à celui du Missel des dimanches et qui s’intitule « Célébrons le dimanche ».
    Après avoir parcouru l’introduction, j’ai fini par comprendre qu’il s’agit d’un document destiné aux assemblées qui n’ont pas de prêtre le dimanche (le prêtre tourne entre plusieurs communautés): « ADAP », Assemblées Dominicales en l’Absence de Prêtre.

    C’est astucieux et plein de suggestions, avec même un équivalent d’homélie, explication de la parole à faire par l’animateur de la célébration.

    Je regrette évidemment que la tendance actuelle (instructions officielles?) font que lorsqu’il n’y a pas de prêtre il n’y a pas d’eucharistie. Ma vision de choses est toute inverse: recevoir l’eucharistie serait un signe de communion avec le prêtre absent.

    Ce petit livre, sous-titré « Assemblées de la Parole – Dimanches et fêtes Année C », de format et épaisseur tout à fait semblables au Missel des dimanches, est vendu 12 euros.

    C’est une source intéressante, ne serait-ce que pour approfondir les lectures bibliques.


    « C’est ma très grande faute »

    A partir de 2017 certains textes de la messe vont être modifiés (voir par exemple sur « La Croix » ).
    Les instances romaines, pour assurer l’unité théologique des traductions nationales, ont exigé notamment que, dans le « Je confesse à Dieu », la version française abandonne l’expression « Oui, j’ai vraiment péché » pour revenir au « C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute »; parce que le texte latin dit cela.

    On peut comprendre le souci d’unité; mais on peut surtout penser que c’est le texte latin qui devrait être changé…

    Si par exemple j’en veux beaucoup à quelqu’un, est-ce « un péché »? Les uns diront oui, les autres diront peut-être non… parce que ce n’est pas « volontaire ». C’est assurément une attitude qui n’est pas idéale du point de vue de l’amour. Cela fait partie de notre situation pécheresse: je suis pécheur, et non pas « je fais un péché ».
    C’est un premier débat: faut-il parler seulement et toujours de « péchés » individualisés, ou reconnaître plus généralement que nous sommes pécheurs, manquant gigantesquement d’amour.

    Mais à l’erreur théologique ci-dessus (seul ce qui est volontaire est péché) se rajoute une erreur psychologique, de volontarisme et de culpabilisation; qui est aussi une erreur spirituelle.
    En effet la vie spirituelle ne consiste pas essentiellement en efforts pour « agir bien » (par rapport à l’idée que j’ai à un moment donné de ce que c’est qu’agir bien); on est là dans la psychologie d’un enfant de 7 ans.
    Aux « efforts » pour agir bien se rajoute alors la culpabilité de ne pas avoir toujours agi comme il faudrait.. (c’est en ces termes qu’un certain nombre de prêtres introduisent le « Je confesse à Dieu »).
    Ce n’est pas seulement une erreur psychologique, empêchant d’atteindre une vie intérieure apaisée et équilibrée; c’est une erreur spirituelle: notre relation à Dieu, père très aimant, ami, n’est pas une relation selon une loi, mais une vie dans l’amour. Amour imparfait; désir d’un amour toujours plus grand, par la fusion progressive de notre âme en Dieu.
    J’aime pour ma part comparer ma relation à Dieu à la relation qu’un petit enfant peut avoir avec sa mère bien aimée; mère très aimante, qui connaît notre désir – notre décision – de nous donner entièrement à l’amour, et auprès de qui nous commençons effectivement à vivre cet amour: dans la paix et dans la liberté. Les termes de « devoir » – et encore moins de « punition » – n’ont pas de sens dans cette situation. Il est clair que nous faisons des « fautes », mais l’essentiel du péché n’est pas là: il est dans la distance entre ce que nous sommes et l’immensité de l’amour de Dieu. L’Esprit de Dieu nous aide jour après jour à avancer dans cet espace.

    Il reste à souhaiter, mais c’est sans doute trop tard pour cette fois, que les évêques francophones sachent, une autre fois, résister aux services du Vatican quand ils proposent quelque chose d’inapproprié. Et qu’un synode futur change les choses (change le texte latin), ou accepte la diversité, selon la perception spirituelle de chaque pays.

    Il est clair pour moi que je ne dirai pas « C’est ma très grande faute ». Je pourrais dire « Je suis très pécheur », car c’est vrai; mais je trouverais cette formulation ridicule, inadaptée à une récitation publique.
    Je préfère (et je pense): « Je suis vraiment pécheur »; et j’accepte, comme plus concret: « J’ai vraiment péché ».

     

    PS: Je m’aperçois que le billet précédent, du 19 octobre, disait déjà un peu la même chose: je me répète?


    « Est-ce un péché »?

    Un grand malentendu, ou plutôt une grande différence d’approche, me semble exister entre ceux qui se demandent, à propos d’une attitude quelconque: « Est-ce un péché? », et ceux qui se reconnaissent, de manière permanente, très pécheurs.
    Je m’explique.

    Pour les uns le péché est « un acte volontaire », comme le dit Saint Thomas: le péché est un acte par lequel l’homme se détourne volontairement de Dieu.
    Pour les autres le péché est le manque d’amour, l’absence d’amour, la situation profonde et permanente dans laquelle nous nous trouvons: il s’agit, comme Thérèse de l’Enfant Jésus, d’accepter le réel de notre faiblesse, et de nous offrir à Dieu tels que nous sommes, pour qu’il agisse en nous (et non pas d’abord pour que nous agissions volontairement).

    Plus on prend conscience de ce qu’est l’amour de Dieu, de l’immensité de la métamorphose à laquelle il nous appelle pour devenir des saints remplis d’amour, et de notre incapacité évidente et naturelle à le faire – alors que lui peut le faire en nous, plus cet amour infini devient notre référence.

    La question n’est alors pas « Est-ce que ceci ou cela est un péché? » mais « Comment puis-je devenir un être qui à chaque instant brûle intérieurement de l’amour infini de Dieu, comme les grand saints ». La réponse étant, comme la petite Thérèse l’a compris, de se laisser porter par Dieu: de le regarder lui, et non nous.

    Un exemple d’actualité: avec toutes les guerres, tous les réfugiés qui arrivent en Europe, et ceux qui s’entassent à Calais ou ailleurs, comment pouvons-nous rester dans notre fauteuil, et continuer notre petite vie?
    Une réponse qui serait « nous ne sommes pas appelés à nous en occuper directement », ou « c’est une vocation particulière », me paraîtrait insupportablement facile.

    Pour moi, je sais que c’est l’amour de Dieu en moi qui n’est pas suffisant; mais que cet amour, dont mon coeur et mon corps pressentent le caractère infini et renverseur de montagnes, peut m’appeler à chaque instant à tout quitter pour le suivre.

    Je ne me demande pas si c’est « un péché » de ne pas aller aider tous ces malheureux. Je sais que c’est l’absence d’un amour suffisant en moi qui me laisse du côté des tièdes.

    Mais je suis prêt pourtant à tout instant à être transfiguré par Lui. A aller où il le voudra témoigner de son amour.