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Tenez bon ! (Tenons bon !)

Pour la première fois, ce soir, j’ai pleuré sur l’Eglise. Les mots très justes de l’évêque de Beauvais dans son message aux religieux et religieuses de son diocèse y sont peut-être pour quelque chose.

On peut avoir l’impression que beaucoup de choses vont s’écrouler, maintenant. Et pourtant nous, simples paroissiens, et nos prêtres, nous ne sommes pas, a priori, responsables de ce qui se passe; et il est important que nous continuions à vivre de façon forte notre foi, et à la célébrer; ainsi qu’à témoigner par la charité (par l’amour, si vous préférez ce mot).

L’image de l’Eglise est fortement ternie: un cardinal est en prison, combien de jeunes et de femmes ont été abusés! Comme le mensonge a régné; et comme l’obéissance a été dévoyée!

Avancer dans la tempête, telle est notre mission. Prier, surtout! De toutes les formes de prière: pour ceux qui ont souffert et qui souffrent; pour ceux qui sont scandalisés; pour les coupables aussi, si nous nous en sentons la force. Pour l’Eglise: qu’elle retrouve le visage, simple et ardent, d’amoureuse du Christ qu’elle ne devrait jamais cesser d’être.

Prière d’union à notre Dieu.

Tenons bon, dans la prière!

« Ce genre de démon ne peut se chasser que par le jeûne et la prière » (Matthieu 17,21 ).

La Communauté du Chemin Neuf

Parfois, des amis à qui je parle de cette communauté ne la connaissent pas, ou pas beaucoup. Le texte ci-dessous la présente de façon résumée.

La Communauté du Chemin Neuf est une communauté religieuse catholique, comme les jésuites, les bénédictins, ou les soeurs dominicaines des campagnes. Elle a été approuvée par Rome.

Plusieurs de ses caractéristiques sont toutefois presque uniques:
– Elle comprend des hommes engagés au célibat, des femmes engagées au célibat, des couples engagés à vie, mais aussi des hommes, femmes et couples engagés seulement pour 3 ans renouvelables. La plupart des hommes engagés au célibat sont prêtres, et font alors partie de « l’Institut du Chemin Neuf », reconnu par Rome: ils ne sont pas prêtres diocésains (pas plus que les dominicains ou les jésuites etc.), mais certains d’entre eux sont éventuellement prêtés pour quelques années à des diocèses pour prendre en charge des paroisses.
– Les couples (engagés à vie ou pour 3 ans) vivent, les uns dans les maisons de la Communauté avec leurs enfants, et les autres dans leurs propres domiciles, en conservant leur activité professionnelle.
– La communauté est « catholique à vocation oecuménique »: elle comprend, outre les membres catholiques, un certain nombre de membres d’autres confessions chrétiennes, notamment réformés ou luthériens.

C’est une communauté charismatique, appuyée sur la prière et la vie dans l’Esprit-Saint, dans la ligne du Renouveau charismatique redécouvert par les chrétiens depuis le début du XX° siècle: « Baptême dans l’Esprit », dons spirituels, « chant en langues », etc. (voir par exemple cet article, sur le site d’une autre communauté charismatique, « L’Emmanuel ») .

La communauté est largement missionnaire: d’une part à travers des propositions s’adressant à diverses catégories de public (couples, jeunes, etc.), et d’autre part par son développement géographique, dans maintenant 26 pays de toutes les régions du monde.

Créée en 1973 par un groupe de quelques amis, elle comprend maintenant plus de 2000 membres, auxquels s’ajoutent les membres de la « Communion du Chemin Neuf » (s’engageant à donner quelques journées par mois au service de la communauté) et des activités telles que le réseau « Net for God », « Cana », des foyers d’étudiants, etc.

En France la Communauté a une trentaine d’implantations principales, dont les plus connues sont Tigery, en banlieue parisienne, et Hautecombe en Savoie, où se déroule notamment chaque été un Festival international des jeunes.
Voir le site web de la Communauté.

« Haut potentiel »?

Je vois, sur la page Facebook d’un ami, une longue liste de caractéristiques que devraient avoir les personnes dites à « haut potentiel ».

Mais je ne comprends pas bien de quoi il s’agit: simplement de surdoués? Il y en a de toutes sortes. Ou bien, comme je l’ai cru d’abord, des caractéristiques attendues par une entreprise quand elle recrute un cadre « très supérieur »?

Dans le cadre de cette 2° hypothèse, j’ai listé ci-dessous, un peu en vrac, un certain nombre d’aspects/qualités qui me semblent à prendre en compte. C’est rédigé très vite.

Et d’abord j’essaie de classer (une des qualités: savoir organiser un dossier, répartir en plusieurs sous-sujets; distinguer – mot important):

Qualités intellectuelles: qualités d’analyse et de synthèse; savoir séparer les questions; savoir parcourir très vite un dossier, mais aussi s’arrêter aussi longtemps que nécessaire sur certains aspects; curiosité; voir large et loin (antennes tous azimuts); intelligence des sens multiples des mots et des divers sens possibles de ce que quelqu’un a dit; savoir recentrer un sujet (de quoi parle-t-on?); reconnaître qu’on ne comprend pas; savoir résumer.

Qualités affectives: finesse; sentir les sous-entendus; se sentir concerné; pouvoir encaisser des coups; être équilibré; capacité d’adaptation; trouver du plaisir à ce que l’on fait!

Qualités humaines: regarder les gens; sentir leurs réactions; écouter; savoir trouver ce qu’il y a de juste dans ce que dit l’autre; rester amical. Savoir bien se faire comprendre; expliquer. Facilité d’adaptation (qui serait peut-être à classer ailleurs).

Qualités de management: avoir une vision large; être un « hélicoptère » (monter haut pour voir l’ensemble, et redescendre dans les détails du terrain); savoir prendre des décisions; expliquer/communiquer efficacement; faire adhérer/motiver les collaborateurs; savoir être très rapide!

Etc.

Sans oublier ce que propose Joseph Folliet:  savoir rire de soi même!
« Bienheureux ceux qui savent rire d’eux-mêmes: ils n’ont pas fini de s’amuser! »

Je découvre – 12 mars – un article détaillé sur les qualités requises pour progresser vers les sommets dans les grands cabinets:
https://theconversation.com/carrieres-les-cles-pour-reussir-a-acceder-au-top-management-dans-les-cabinets-de-conseil-112073

« Les énarques, en banlieue! »

Ce slogan serait plus facile à répéter que « les énarques dans les quartiers »…

L’idée est simple: parmi les divers « stages » obligatoires au cours des études à l’ENA, l’un d’eux devrait être d’habiter au moins un mois dans une cité difficile… Et de la connaître aux diverses heures du jour… Et pas par groupes de deux! Tous seuls!
Quelle meilleure formation, pour les futurs hauts cadres de la nation?

Peut-être certains d’entre eux verraient-ils alors les problèmes différemment; seraient-ils sensibles à la réalité de la vie « à la base »…

Utopie?
Hélas oui, bien-sûr.

Mais pourquoi?

« Civilisation de la panne »

A propos de l’incendie à RTE qui vient d’immobiliser la Gare Montparnasse, j’ai écrit, en commentaire à un article d’Atlantico, les remarques suivantes:

« Civilisation de la panne »

Yves Lasfargue expliquait, il y a déjà longtemps (1), que « nous allons vers la civilisation de la panne », vu la complexité des systèmes. On n’en a, je crains, pas vraiment pris conscience, et je ne suis pas sûr que le capitalisme tout court ferait mieux.
Il faut en somme une nouvelle approche, un peu comme pour l’environnement; et donc il faudra(it) des réglementations en la matière ! Or c’est très complexe: intervient d’une part, en amont, la modélisation, qui est rarement suffisante et sera toujours à revoir ou à approfondir. D’autre part la notion de redondance! Sans parler du respect de méthodes d’élaboration et de mise en place de type « Agile ». Et il faut que tout ne se décide pas au sommet ! Que les organisations soient souples et réactives !

Le lendemain, la ligne 1 « automatique » du métro est bloquée plus de 2 heures –  https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/paris-pourquoi-la-panne-de-la-ligne-1-du-metro-a-t-elle-seme-une-telle-pagaille_2876349.html

Puis voici que, le 15 avril 2019, le début de l’incendie à Notre Dame n’a pas été cherché au bon endroit, faute à un bug informatique ! 🙁   .. (2)

– Lorsque, comme dans le cas de Notre Dame, il y a interaction entre un système et un opérateur humain, la traçabilité des incidents devient vite quasi-impossible: l’opérateur humain est faillible, et peut aussi s’écarter plus ou moins de la vérité pour « se couvrir »… Il n’y a, je crains, pas de solution.

Cela dit… la qualité du personnel qui est en charge de l’équipement, et l’entretien de sa formation, sont aussi un aspect qui peut être déterminant !

Il faut ajouter, et c’est essentiel, que, selon les enjeux, il faut consacrer plus de moyens ! Penser l’informatique d’une maison associative, et celle de la Station Spatiale Internationale ou d’une centrale nucléaire, ne comporte pas les mêmes risques en cas d’erreur !
L’incendie de Notre Dame correspondait à un risque à NN milliards d’euros, et sur YY années (le temps qu’il faudra pour rebâtir)! Cela mérite une triple sécurité (redondance), super-vérifiée en permanence… 
« L’assurance ne paraît chère qu’avant l’accident »

Encore autre chose: les changements dans la situation ! Il faut que l’on pense éventuellement à modifier le système informatique, qui est devenu en partie obsolète – ne serait-ce par exemple que si on a ajouté un échafaudage…
L’échafaudage de Notre Dame ne comportait sans doute pas de système d’alerte incendie… Il n’y avait pas de raison; sauf qu’un ouvrier y a peut-être laissé un chalumeau allumé !

Et il faut en outre, dans les cas importants (mais quel cas ne l’est pas) prévoir des autocontrôles du fonctionnement du système; qu’il ne puisse pas être modifié/dégradé sans qu’on s’en aperçoive ? ! (Mais est-ce possible? Qui gardera les gardiens? »)

Et encore: L’excellent texte de Michel Volle sur notre société hybride « machine – homme »: http://michelvolle.blogspot.com/2019/05/a-lhorizon.html .

MIEUX ENCORE: Je découvre ce texte qui analyse les solutions possibles pour des cas comme Notre Dame: et en particulier, pour la durée des travaux et seulement pour cette durée, le principe de deux ou plutôt trois réseaux de surveillance indépendants, que l’on compare les uns aux autres… Ce que l’on fait dans le domaine spatial je crois!

 

(1) Le Monde, 22 août 1987
(2) Le Canard enchaîné a révélé dès avril toute une série de négligences et conflits. Voir ici

Les livres « Pré-lectures » sont sortis !

Les « pré-lectures » sont de brefs textes d’introduction aux lectures des messes du dimanche.

Les livres correspondant aux trois années sont sortis, ainsi qu’un livre global (A +B+C), qui comprend en outre une table inverse complète (par évangile et par chapitre), ainsi qu’un texte de conseils pour la lecture publique de la Parole, basé sur trente ans d’expérience en paroisse….

J’avais commencé en octobre 2017 à mettre en ligne ces « pré-lectures », et on peut toujours les télécharger ou visualiser une par une, avec des explications détaillées, en http://www.plestang.com/pre-lectures.php .

Les livres, d’un format agréable, pratique, sont vendus 4 euros chacun ! Le livre global est vendu 8 euros. Ils peuvent être commandés dans toutes les bonnes librairies, et sur les sites de commande en ligne (Amazon, Decitre, Cultura, Procure, Fnac etc.).

Une version électronique existe également (Kindle 1 euro; Epub sur Bod.fr; Kobo sur Fnac.com).

Voir détails en http://www.plestang.com/pre-lectures.php .

Vos commentaires sont bienvenus!

« Nommer correctement » (RER D ou autres sujets…)

Qu’il s’agisse d’informer les utilisateurs ou de modéliser informatiquement, nommer, de façon claire et non ambigüe, est fort souhaitable.
Cela s’applique à tout domaine de réflexion – philosophique, économique ou autre, mais aussi à l’information et à l’informatique. Un problème mal modélisé risque fort d’être mal résolu, suivant le célèbre adage informatique « Garbage in » – « Garbage out » (mettez de la m. en entrée, vous aurez de la m. en sortie…).

Je prendrai tout bêtement l’exemple des trajets banlieue Paris-Melun et Paris-Corbeil, dont une partie des trois itinéraires différents (desservant donc des stations différentes) est désignée – au moins sur les cartes proposées sur le web – par la dénomination commune « RER D2 »; d’autres trains allant à Corbeil ayant, sur les cartes, l’appellation « RER D4 » ….

Je sais bien qu’en pratique les voyageurs doivent se référer à de charmantes appellations telles que DOCA. FACA, POMU, PUMA, POME, DICA, POMA et j’en passe. Mais allez expliquer cela par téléphone à quelqu’un qui ne connaît pas la gare de Lyon banlieue…

Pour ma part cependant, ce n’est pas cet angle pratique qui m’a frappé, mais l’angle informatique et statistique (eh oui:-) : sur un tableau donnant le « palmarès des lignes noires » des trains de banlieue, on peut constater que les RER D de la branche sud sont groupés en deux catégories sous les noms de « D2 » et « D4 ».
Un détail sans doute, diront certains, et je pinaille …

Mais outre que, par des personnes qui me sont chères, je suis personnellement concerné, ce sont mes réflexes d’informaticien et de modélisateur qui ont joué: un problème mal décrit risque fort d’être mal modélisé. Et une modélisation informatique mal faite  peut créer de gros problèmes!  D’une part éventuellement en millions d’euros, quand il faut refaire toute la programmation informatique qui en découle; mais aussi en conséquences humaines pour les usagers, dans certains cas.

D’accord, mon exemple n’est pas forcément le meilleur… Mais qui sait? La réflexion sur l’amélioration de la desserte RER de la banlieue dépend peut-être aussi d’une bonne analyse des « ingrédients » à mettre dans la moulinette utilisée par les équipes qui réfléchissent à cette amélioration.

Amis modélisateurs, qu’en pensez-vous?

« Le royaume.. » : deux exemples d’adaptation

Des différences théologiques et spirituelles notables peuvent exister entre mon adaptation et la façon dont les textes d’évangile sont actuellement rendus et compris.
Voici deux exemples; je donne les textes dans des traductions courantes, avant de commenter:

Péché contre l’Esprit 

  • Matthieu 12,31-32 (Bible de Jérusalem):  (..) Tout péché et blasphème sera remis aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas remis. Et quiconque aura dit une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera remis; mais quiconque aura parlé contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera remis ni en ce monde ni dans l’autre.
  • Marc 3,28-29 (traduction liturgique): (..) Tout sera pardonné aux enfants des hommes: leurs péchés, et les blasphèmes qu’il auront proférés. Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours.
  • Le Royaume de l’amour (pp.36-37): Toutes les fautes commises par des hommes peuvent être effacées, et tout ce qui est dit contre le descendant de l’homme peut l’être aussi; mais le refus total de l’esprit d’amour, lui, ne pourra pas être effacé.

Commentaire: Le texte des évangiles emploie le futur: on peut comprendre que tout cela, le pardon des péchés etc., ne concerne qu’un monde futur, un jugement à venir. D’autre part le texte est rédigé en termes de culpabilité de l’homme face à Dieu.  « Le Royaume » parle en termes de progrès spirituel, de progrès possible de l’homme, non daté: cela se pose dès à présent. Et la notion de « blasphème contre l’Esprit » est remplacée par celle de « refus total »: celui qui refuse totalement, Dieu ne peut rien pour lui.

Envoi des disciples en mission 

  • Marc 16,15-16 et Mt 28,20 (Bible de Jérusalem): « Allez dans le monde entier, proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé; celui qui ne croira pas, sera condamné. (..) » // « leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. » 
  • Marc 16,15-16 et Mt 28,20 (traduction liturgique): « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé; celui qui refusera de croire sera condamné. (..) » // « apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. » 
  • Le Royaume de l’amour (p.149): « Allez désormais dans le monde entier annoncer la bonne nouvelle. Apprenez aux hommes à agir comme je vous l’ai montré. Ceux qui vous écouteront entreront dans une vie nouvelle. Ceux qui n’écouteront pas perdront leur vie loin de l’amour. »

Commentaire: Le texte de Marc parle de « proclamer l’Evangile », et de « création »; la Bible en Français Courant a retenu les mêmes termes que « Le Royaume ».  La phrase de Matthieu (« apprenez-leur.. ») emploie les mots « observer » et « j’ai commandé », remplacés dans « Le Royaume » par « agir » et « j’ai montré ».
De même « Le Royaume » remplace croire/ne pas croire par « écouter/ ne pas écouter »: on peut penser ici au « Shema Israël » – « Ecoute Israël ».
Plus important: les traductions usuelles donnent l’impression que seuls les baptisés seront sauvés – je ne suis pas sûr que ce soit la position actuelle des théologiens. D’autre part, à cet endroit aussi, le salut est présenté par « Le Royaume de l’amour » comme une réalité déjà en partie présente: « une vie nouvelle ». Enfin la « condamnation » est remplacée par le fait de « perdre sa vie », au sens banal de « ne pas bien l’utiliser ».

Pour un autre exemple détaillé voir en haut de la page 6 de mon exposé récent, vers le milieu : « Mais alors, qui peut être sauvé? ».