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« Et si on comprenait la messe »: nouveau livre!

Je suis heureux de vous annoncer la sortie de mon nouveau livre « Et si on comprenait la messe« , chez BoD – 140 pages, 8 euros. Il peut être commandé chez tous les bons libraires, et par Internet. Des versions Kindle et ePub sont en préparation.

C’est une présentation à l’usage du grand public de tous les aspects de la messe. Le livre s’adresse d’abord aux chrétiens, mais il peut intéresser des non-chrétiens ouverts, qui pourront le feuilleter et par exemple utiliser le lexique et l’important index qui sont à la fin.

Comme chrétien actif, et comme responsable « liturgie » à diverses époques, il y a longtemps que je réfléchis et prie sur les différents aspects de la messe. Sur mon site web et mes blogs, les pages et les textes consacrés à la liturgie sont nombreux.

Je dispose de nombreux livres « techniques » à son sujet, de même bien sûr que de missels. Mais il n’existe pas à ma connaissance de livre équivalent à celui que je viens d’écrire.

La première partie du livre, après une présentation générale comportant notamment un rappel sur la Pâque juive, reprend le déroulé de la messe un peu comme le ferait un missel, mais avec de nombreux commentaires.
En outre, pour tenir compte de l’arrivée en novembre prochain de divers changements dans les textes (« nouveau missel »), j’ai mentionné dans mon texte ceux dont j’avais connaissance grâce au livre « Découvrir la nouvelle traduction du missel » sorti récemment.

Dans une deuxième partie, différents aspects sont repris successivement, tels que l’espace liturgique, le chant, la lecture bien sûr, mais aussi l’accueil, etc.
Des réflexions – à l’occasion critiques – forment la troisième partie.

Lorsque l’édition Kindle sera sortie (comptez quelques semaines), vous pourrez « feuilleter » le début du livre sur le site d’Amazon, ce qui est bien pratique. (1)

Deux images ci-dessous présentent d’une part un morceau d’une des pages sur le déroulement de la messe, et d’autre part la table des matières résumée figurant en fin d’ouvrage.

Vos réactions et commentaires de toutes natures sont bienvenus !

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(1) En attendant vous pouvez « feuilleter » de même sur le site BoD en http://bit.ly/2Pf3jnl

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Un musulman ouvert

Je découvre Abdelwahab Meddeb, qui préface le livre « Itinéraire d’un soufi » (Cerf 2013).

Deux choses me frappent: le caractère très ouvert de son approche, qui ressemble, pour l’Islam, à celle des chrétiens les plus ouverts: admettant en quelque sorte la pluralité des voies, et souhaitant un enrichissement mutuel. Ouverte aussi par rapport aux femmes.
Et d’autre part son style, parfois heurté, comme gêné d’oser s’exprimer. Un autre musulman ouvert m’avait fait un jour la même impression. Peut-être pas à l’aise avec soi-même? Il est mort en 2014, et donc on peut en parler, je pense, sans l’offenser!

Approche ouverte – premier exemple:
Il est non moins vrai que la fréquentation des femmes aide à entretenir le meilleur support pour accueillir l’épiphanie divine, cet Invisible qui a besoin du visible pour se manifester. Rien que pour cela, il convient aussi d’entretenir la part féminine qui se trouve en tout homme. Et cette part ne peut croître que par la fréquentation de la femme, laquelle n’est pas seulement œuvre de chair, mais surtout d’esprit.

Deuxième exemple:
 (..) Jamais on ne peut échapper à l’horizon de l’Un. Certes, il y a une pluralité de voies qui y conduisent. L’expérience des credos qui s’offre aux humains doit être intériorisée par la personne physique dans sa portée métaphysique. C’est même une condition du salut. Nous savons que, comme le dieu des dieux grec le dieu coranique est rusé – il est capable de stratagèmes, il peut se présenter à l’élu dans une forme qui n’est pas celle de sa croyance ; l’élu risque donc de ne pas reconnaître le privilège de la vision qui lui est accordée. Aussi, pour éviter toute méprise, faudra-t-il qu’il se familiarise avec toutes les formes de croyance : « que ton cœur soit de hylê (matière brute) pour qu’en toi prennent forme toutes les croyances », écrit encore Ibn ‘Arabi dans ses Fuçûç al-Hikam. Ainsi la connaissance de l’altérité religieuse devient-elle nécessité stratégique pour préserver quelque chance d’obtenir le salut.

Voilà, ce ne sont que de brefs extraits ! Oui, vraiment, les soufis, c’est autre chose!

Une méthode de travail

Souhaitant étudier en profondeur un gros livre de théologie (650 pages), je me suis créé une méthode travail appropriée, compte tenu des nombreuses questions que je me pose presque à chaque page, ainsi que des allers et retours nécessaires pour comprendre mieux ce qui est dit.

J’ai donc créé sous Word un fichier « tableau » (voir image plus loin ci-dessous), avec lignes numérotées, dans lequel je note au fur et à mesure ce que je comprends _ou non_: avec à gauche un titre résumé, et à droite un texte qui comprend à la fois des citations du livre et des réflexions personnelles; et l’indication des pages du livre correspondantes.

J’avoue que je n’avais jamais procédé ainsi. Les numéros à gauche permettront des renvois faciles d’une réflexion à une autre.

FWIW (« For what it is worth »).

Le nouveau texte de la messe

Dans un an, le premier dimanche de l’Avent, la nouvelle traduction du Missel romain entrera en vigueur. Un petit livre vient de sortir, qui récapitule les principaux changements.
Changements mineurs certes, mais nombreux!
En voici quelques uns, pris simplement au début de la messe (je ne cite que des extraits):

• Deux des trois formules de salutation initiales sont modifiées:
– « La grâce de Jésus, le Christ, notre Seigneur…
– « Que la grâce et la paix de Dieu notre Père, et du Seigneur Jésus, le Christ …

• La phrase initiale de la préparation pénitentielle devient:
– « Frères et soeurs, préparons-nous à célébrer le mystère de l’Eucharistie en reconnaissant que nous avons péché. »

• Le « Je confesse à Dieu » a plusieurs modifications, essentiellement:
« Je confesse à Dieu tout-puissant, je reconnais devant vous, frères et soeurs, que j’ai péché (..)
C’est pourquoi je supplie la bienheureuse Vierge Marie (..)

• La deuxième et la troisième « formules » sont aussi modifiées – extraits de la 3°:
– Seigneur Jésus, envoyé pour guérir les coeurs qui reviennent à toi, Seigneur prends pitié! (..)
– Seigneur, qui sièges à la droite du Père, où tu intercèdes pour nous (..) Je note l’absence du mot « Jésus »

Ensuite il y a encore divers changements, mais je passe directement au Symbole de Nicée, dont la version française est légèrement modifiée. Au lieu de dire du Christ qu’il est « de même nature que le Père », on dira qu’il est « consubstantiel », signifiant qu’il partage, avec le Père, une unique substance (« il est engendré par le Père sans séparation de substance » écrit Bernard Sesboüé).

J’arrête là mon travail de comparaison.

L’introduction du livret rappelle les origines de ces changements dans le texte de la messe, et détaille à partir de la page 30 la méthode suivie pour l’adoption des modifications.

Le point de départ est la version 2002 du Missel Romain, qui a remplacé l’édition initiale de 1970/1975 faisant suite au Concile. Le travail sur la version française correspondante a commencé par une traduction littérale du texte latin par des latinistes, que l’on a ensuite comparée au texte français actuellement en usage; on a alors élagué, ou ajouté, pour se rapprocher du texte latin. Mais on a aussi examiné le résultat ainsi obtenu, pour tout formuler « dans un style simple, coulant, apte à être cantillé, et surtout à être prié. »

Après le travail en commission est venu une période de votes par les conférences épiscopales nationales, puis de consultation de Rome.

Le dossier a été bloqué – c’est moi qui parle ici, d’après ce que j’ai cru lire il y a quelques années – parce que Rome avait un droit de veto , et tenait à certains points, qui étaient refusés par les évêques francophones.

La situation a été débloquée par un Motu Proprio du Pape François en septembre 2017, donnant aux Conférences épiscopales davantage de poids dans les décisions….

Sur ces blocages voir par exemple https://www.cath.ch/newsf/traduction-missel-romain-bloquee/.
Voir le texte latin 2002 en https://media.musicasacra.com/books/latin_missal2002.pdf à partir de la page 303

« Mon bref passage dans l’autre monde » (livre)

Je viens de lire le livre de Fabienne Raoul « Mon bref passage dans l’autre monde », qui raconte l’itinéraire étonnant suivi par l’auteur: ingénieure dans le nucléaire, matérialiste, elle a peu à peu vécu des expériences qui l’ont rendue complètement convaincue que « nous sommes des êtres spirituels qui font une expérience humaine » (Teilhard).

« La raison n’impose pas le matérialisme, c’est une croyance, une hypothèse non démontrée parmi d’autres », écrit-elle en citant le physicien Emmanuel Ransford; et: « pour un sceptique, aucune preuve n’est suffisante ».

Après une « expérience aux frontières de la mort » (NDE ou « EMI ») assez particulière, elle a vécu au fil des années une série d’événements spéciaux, qu’elle distille au long du livre. Et par exemple un motard accidenté, dont, absolument pas chrétienne a priori, elle fait repartir la respiration par la prière, « étonnée et abasourdie par l’énergie qui la saisit ».

Chapitre après chapitre, elle énumère les « bizarreries » qui « s’invitent dans sa vie ». Elle pose des questions à « Marie »… et obtient des réponses, notamment par des « coïncidences »… : par exemple une personne en face d’elle dans le métro déplie un journal qui répond à la question ; un robinet d’eau s’ouvre tout seul; un rideau tombe à terre alors qu’elle parle justement à quelqu’un de « regarder au-delà du voile de la réalité… ».

Tandis qu’elle passe quelques jours chez son père, il y a tous les jours des petits signes. Appareils qui se mettent en marche, portail qui s’ouvre etc., et la chaudière qui tombe en panne: … le réparateur qui vient s’appelle Monsieur LE SIGNE !

Elle quitte finalement son métier d’ingénieur, pour se consacrer à la sophrologie et à des disciplines connexes. Extrait:
« Lorsque je commence les séances, (je me connecte) à la Source aimante de toute chose. Mais aussi à l’énergie d’amour de Marie et Jésus (ils m’ont bien aidé jusqu’à présent, mes fidèles compagnons de route!). J’entre rapidement dans un état de conscience modifié qui me fait perdre la notion du temps. Je me concentre alors sur les sensations de mes mains. (..). Puis je prends la main de la personne et je laisse « là-haut » faire son oeuvre. (..) »

Elle procède parfois à des séances à distance. « Ne jamais oublier que je ne suis pas seule, que le transcendant agit quand on lui laisse la place. »

Plus loin: « La guérison n’est pas nécessairement physique, elle peut être également émotionnelle. Mais la plus belle, à mon sens, est la guérison spirituelle, celle de l’âme. C’est ce que j’esssaie d’apporter en séance: une reconnection à Soi, au divin. »

Elle accompagne également des personnes en deuil, et raconte comment, alors qu’elle est avec une amie qui vient de perdre son père, la musique (« playlist ») qu’elles écoutent s’interrompt, pour être remplacée par une chanson qui dit « Tu es mon sang,.. » (Mylene Farmer); grande émotion. Et « le chat, ajoute l’auteur, est resté quelques minutes le regard fixé sur le haut d’un mur, comme si il y avait quelqu’un… C’était la première fois que je le voyais ainsi. »

Autre chose encore: des « prémonitions », ou plus précisément des visions anticipées d’événements. Ainsi elle a vu en cauchemar la tuerie de Santa Fe (mai 2018) dix jours avant qu’elle ne se produise. De même elle a vu en rêve, quelques jours à l’avance un incendie très meurtrier qui a eu lieu à Paris en février dernier; son cauchemar associait un de ses amis: or le fils de cet ami habitait près de l’immeuble en cause…

Elle cite Stéphane Allix: Ce que nous prenons pour une certitude scientifique « il n’y a rien après la mort », ne repose sur aucune preuve. En revanche il y a un faisceau d’informations qui laissent penser le contraire.

Je suis devenue, dit-elle à la fin du livre, une thérapeute ouverte à l’invisible et ayant la Foi, en dehors de toute religiosité. « La Foi, c’est cette évidence qui vient du coeur, de tout mon être. »

Jésus, vrai homme et vrai Dieu: les premiers conciles

Je reproduis ci-dessous un schéma très clair figurant dans une formation du Collège des Bernardins:


L’origine précise du Symbole des Apôtres n’est pas connue. Tertullien (vers 150-220) le cite dans plusieurs écrits. Ce qui est dit essentiellement c’est que Jésus est le Fils unique de Dieu, qu’il est « notre Seigneur », et est assis à la droite du Père.

Le symbole de Nicée-Constantinople est beaucoup plus précis, à la limite de la répétition, mais aussi un peu étrange (ambigu?) puisque il dit au début « Un seul Dieu, le Père », et plus loin, pour Jésus, « il est Dieu »…

« Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant,
créateur du ciel et de la terre « (..)

(..) Je crois en un seul Seigneur,
Jésus Christ, le Fils unique de Dieu,
né du Père avant tous les siècles :
Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière,
vrai Dieu, né du vrai Dieu,
engendré, non pas créé, de même nature que le Père,
et par lui tout a été fait.
(..)

J’aime à dire que « Jésus est ce que nous pouvons voir de Dieu sous la forme d’un homme »; certains disent volontiers qu’il a les limites d’un homme… Mais quelles sont les limites d’un homme lorsqu’il est pleinement rempli de Dieu? Pourquoi , par exemple, ne pourrait-il pas marcher sur les eaux?
Que savait-il? Que pouvait-il? J’ai discuté cette question dans un vieux billet.
Et j’ai cité ailleurs cette expression que Anne Rice met dans sa bouche: « Ce que j’ai besoin de savoir, je le sais »…

Et enfin, en ce qui concerne le Concile d’Éphèse et l’appellation « mère de Dieu », j’ai mentionné dans un autre texte (« selon la chair« ) les précisions importantes données par divers textes de la même époque.

Je serai au salon « Ecritures et Spiritualités » (Bernardins, 1° décembre)

L’association « Écritures et Spiritualités » regroupe les écrivains croyants des grandes traditions monothéistes.

Le salon de l’association aura lieu dimanche 1° décembre, de 14h à 18h30, au Collège des Bernardins, 20 rue de Poissy Paris 5°. Le thème principal du salon est « Le chant de la terre » : célébrer et soigner la terre et les hommes, en vue d’une humanité solidaire et attentive au vivant.

Seront présents également de nombreux écrivains dont les livres ne portent pas nécessairement sur ces thèmes – par exemple Pauline Bebe, François Cassingena, Jean-Yves Leloup, Véronique Margron, Marion Muller-Colard, Colette Nys-Mazure, etc. , et mes anciens collègues de l’INSEE Bernard Perret et Claude Thélot !
Je pourrais citer bien d’autres noms, comme Anne Soupa et Stan Rougier ! Au total une centaine d’auteurs: l’occasion de découvrir leurs livres et de parler avec eux !

Je serai heureux de vous y rencontrer !

IA.s et « poids affectif » des informations…

Je ne sais pas si les Intelligences Artificielles commencent à avoir, ou auront un jour, la conscience d’exister: une attitude »meta », en somme.

Mais ce qui me paraît évident, c’est qu’elles ne peuvent pas – contrairement aux humains et peut-être à tout être vivant – associer un poids affectif aux informations qui les concernent vitalement.

Dans un livre trop peu connu, « L’énigme du troisième infini », Marc PERINET-MARQUET montre comment le cerveau humain, dans sa dualité droite/gauche et son approche sensible et intuitive, évalue en un instant les situations, ce que les IA ne savent pas faire.

Les IAs peuvent rapprocher des informations, et sans doute aussi, par rapport à un problème qu’elles étudient à un instant t, pondérer les autres informations dont elles disposent.

Mais d’une part elles ne sont pas soumises en permanence, comme les hommes, à des enjeux de vie et de mort ou de douleur; et d’autre part elles ne sont pas « équipées » pour évaluer en un instant toute information nouvelle par rapport à leur propre existence ou à des priorités vitales (et non logiques) qu’elles commenceraient à ressentir.

C’est un deuxième réseau qui serait nécessaire pour cela, un réseau « affectif » en somme, adaptant instantanément l’ensemble de la réflexion du « réseau logique » à ce que le réseau « affectif » aura détecté.

J’espère que je suis clair… Et peut-être un spécialiste des IAs voudra-t-il donner son point de vue en commentaire?

Sans doute est-ce cela qui maintiendra, et encore pour longtemps, la supériorité de l’homme sur la machine; à condition qu’il ne cède pas à la facilité de se laisser diriger…

« Comment peut-on être charismatique? »

(Montesquieu: « Comment peut-on être persan? »)

… Sixteen years later…
En 2003, fréquentant déjà les charismatiques depuis une quinzaine d’années, j’avais écrit un billet assez critique « Expérience charismatique et dialogue entre chrétiens » qui exprimait mes réserves et mes désaccords avec certains aspects du mouvement charismatique et avec des affirmations que j’avais entendues à l’époque.

Le mouvement charismatique a mûri; et j’ai moi-même un peu mûri aussi….
Et surtout, j’ai été convaincu de la valeur essentielle de ce mouvement en relisant notamment le livre de Peter Hocken « Baptisés dans l’Esprit », et en demandant, à la suite de cela, à recevoir le « baptême dans l’Esprit ». Voir ce billet, et tous les suivants, où je raconte mon itinéraire.

Après le baptême dans l’Esprit demandé en avril 2018, les mois ont passé, et même plus d’une année… Certes ma vie spirituelle s’est approfondie; et j’ai participé régulièrement au groupe de prière. Mais sans avoir le sentiment que quelque chose avait vraiment changé pour moi, en moi.

Il y a quelques semaines, une nuit, allongé sur mon lit, j’ai demandé (à nouveau?) à l’Esprit Saint de venir pleinement en moi; et j’ai eu, dans ma prière instante, une sensation de plénitude spirituelle: de flots de l’Esprit qui venaient en moi; de bonheur dans cette relation. Premier signe, et plus qu’un signe, car je savais, dès lors, que cette relation forte avec l’au-delà demeurerait.

Un petit « détail » s’est passé il y a une semaine, qui a complété ma conviction d’avoir reçu l’effusion de l’Esprit. C’était tout bêtement en faisant les courses: à un moment j’ai senti en moi une « bouffée d’amour » incroyable, quelque chose que je n’avais jamais ressenti – sensibilité, sensation nouvelle; cela me dépassait, me découvrait un monde plus large. Cette sensation n’a pas duré, mais cela me montrait en même temps combien mon regard classique, ancien, était, sinon mauvais, en tout cas terrestre. Et j’ai pensé: « Répands ton feu dans mon coeur ! »

Depuis la nuit évoquée ci-dessus nous n’étions pas, pour diverses raisons, retournés au groupe de prière. J’y arrivais hier soir avec cette nouvelle attitude d’ouverture à l’Esprit.

La première « image » donnée par une participante a été la suivante: « un globe surmonté par une croix, le blason des chartreux », avec la devise « Le monde tourne, mais la croix demeure ».

Il m’a fallu un instant pour me rendre compte que cette image me concernait au plus haut point, puisque, au cours de mes années étudiantes, j’avais envisagé d’entrer chez les chartreux et avais été à la Grande Chartreuse…
C’était un clin d’oeil plus qu’évident de Dieu qui m’était donné, en ce jour où je venais au groupe en ayant enfin commencé à recevoir l’effusion de l’Esprit.
Des larmes abondantes m’ont alors secoué.
(J’avais eu aussi un « clin d’oeil » – mais « simple coïncidence » pouvait-on dire – le jour où j’étais venu demander le baptême dans l’Esprit – voir le billet cité plus haut).

Dans la suite de la soirée, mon attitude intérieure a été fort différente de ce qu’elle était les autres fois: lorsqu’il y avait de longs silences, les autres fois, j’attendais, je priais éventuellement, mais d’une façon « classique ». Cette fois-ci, j’étais centré sur l’Esprit, je priais dans une attitude à la fois d’attente et de relation amoureuse. Et lorsqu’il y a eu un « chant en langues », j’ai commencé à balbutier un peu, pour participer à un premier « déclenchement » de ce chant, comme on me l’avait conseillé depuis longtemps.

Voilà, en ce qui me concerne. Mais aussitôt, et dès la messe d’aujourd’hui midi, a surgi en moi la question: y a-t-il deux « dimensions » ou aspects distincts dans « notre » christianisme? (Je veux dire: dans le christianisme des charismatiques) – on prie tantôt avec Jésus dans l’Eucharistie, et tantôt avec l’Esprit dans notre groupe? En même temps je sais bien qu’une des forces du Chemin Neuf – puisqu’il s’agit de lui – est d’être oecuménique: tous les chrétiens peuvent se rejoindre dans la prière et la vie dans l’Esprit. Donc je laisse de côté pour l’instant cette question, à laquelle je reviendrai peut-être un jour.

Mais il y a aussi tous mes amis chrétiens « non charismatiques » ! Vais-je à mon tour, comme je le critiquais dans mon texte de 2003 cité plus haut, dire qu’il leur « manque » quelque chose? C’est sûr que j’ai maintenant tendance à le penser. Mais l’itinéraire de chacun est différent. Et, comme je l’expliquais, il est souhaitable que le dialogue se développe à ce sujet au sein de notre église; au sein de toutes les églises.

Que le Seigneur soit béni, qui donne de telles joies, de tels chemins de progrès !

« Le fait Jésus », un schéma simple

Pour expliquer simplement l’essentiel de mon livre Le fait Jésus, je viens de dessiner le schéma suivant:

La « montée dans l’amour » (« les origines ») est notamment expliquée, sur mon site, par la citation d’André Wénin:
« Pour qui accepte de rompre avec une lecture historico-linéaire de l’histoire du salut, une autre voie est ouverte. Elle n’est plus dominée par le péché, défiguration par l’homme de l’oeuvre divine qui oblige le Créateur à se faire sauveur et à tenter de restaurer l’ordre perturbé. Elle a pour axe l’amour d’un Dieu dont le désir et la joie sont le bonheur des êtres, et qui invente en dialogue avec eux une histoire d’alliance en vue d’un bonheur pleinement partagé dans la communion.
(L’homme biblique, Cerf 2004)

« La fin » fait allusion à tout ce que nous commençons à savoir de l’au-delà, par exemple par les NDE (voir mon compte rendu du livre de J.-P. Jourdan).

« Nous ne sommes plus à l’époque de St Paul » fait notamment allusion au texte de Scot McKnight que je cite dans « Le fait Jésus » page 62:
« Dieu a parlé à l’époque de David à la manière de David ; (..) il a parlé à l’époque de Saint Paul à la manière de Saint Paul. (..) Les pages du Nouveau Testament expriment à la façon du premier siècle l’évangile et la vie de l’église ; elles sont datées ; inspirées par l’Esprit, mais restant des façons de s’exprimer du premier siècle. »