Le nouveau texte de la messe

Dans un an, le premier dimanche de l’Avent, la nouvelle traduction du Missel romain entrera en vigueur. Un petit livre vient de sortir, qui récapitule les principaux changements.
Changements mineurs certes, mais nombreux!
En voici quelques uns, pris simplement au début de la messe (je ne cite que des extraits):

• Deux des trois formules de salutation initiales sont modifiées:
– « La grâce de Jésus, le Christ, notre Seigneur…
– « Que la grâce et la paix de Dieu notre Père, et du Seigneur Jésus, le Christ …

• La phrase initiale de la préparation pénitentielle devient:
– « Frères et soeurs, préparons-nous à célébrer le mystère de l’Eucharistie en reconnaissant que nous avons péché. »

• Le « Je confesse à Dieu » a plusieurs modifications, essentiellement:
« Je confesse à Dieu tout-puissant, je reconnais devant vous, frères et soeurs, que j’ai péché (..)
C’est pourquoi je supplie la bienheureuse Vierge Marie (..)

• La deuxième et la troisième « formules » sont aussi modifiées – extraits de la 3°:
– Seigneur Jésus, envoyé pour guérir les coeurs qui reviennent à toi, Seigneur prends pitié! (..)
– Seigneur, qui sièges à la droite du Père, où tu intercèdes pour nous (..) Je note l’absence du mot « Jésus »

Ensuite il y a encore divers changements, mais je passe directement au Symbole de Nicée, dont la version française est légèrement modifiée. Au lieu de dire du Christ qu’il est « de même nature que le Père », on dira qu’il est « consubstantiel », signifiant qu’il partage, avec le Père, une unique substance (« il est engendré par le Père sans séparation de substance » écrit Bernard Sesboüé).

J’arrête là mon travail de comparaison.

L’introduction du livret rappelle les origines de ces changements dans le texte de la messe, et détaille à partir de la page 30 la méthode suivie pour l’adoption des modifications.

Le point de départ est la version 2002 du Missel Romain, qui a remplacé l’édition initiale de 1970/1975 faisant suite au Concile. Le travail sur la version française correspondante a commencé par une traduction littérale du texte latin par des latinistes, que l’on a ensuite comparée au texte français actuellement en usage; on a alors élagué, ou ajouté, pour se rapprocher du texte latin. Mais on a aussi examiné le résultat ainsi obtenu, pour tout formuler « dans un style simple, coulant, apte à être cantillé, et surtout à être prié. »

Après le travail en commission est venu une période de votes par les conférences épiscopales nationales, puis de consultation de Rome.

Le dossier a été bloqué – c’est moi qui parle ici, d’après ce que j’ai cru lire il y a quelques années – parce que Rome avait un droit de veto , et tenait à certains points, qui étaient refusés par les évêques francophones.

La situation a été débloquée par un Motu Proprio du Pape François en septembre 2017, donnant aux Conférences épiscopales davantage de poids dans les décisions….

Sur ces blocages voir par exemple https://www.cath.ch/newsf/traduction-missel-romain-bloquee/.
Voir le texte latin 2002 en https://media.musicasacra.com/books/latin_missal2002.pdf à partir de la page 303

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