« Comment peut-on être charismatique? »

(Montesquieu: « Comment peut-on être persan? »)

… Sixteen years later…
En 2003, fréquentant déjà les charismatiques depuis une quinzaine d’années, j’avais écrit un billet assez critique « Expérience charismatique et dialogue entre chrétiens » qui exprimait mes réserves et mes désaccords avec certains aspects du mouvement charismatique et avec des affirmations que j’avais entendues à l’époque.

Le mouvement charismatique a mûri; et j’ai moi-même un peu mûri aussi….
Et surtout, j’ai été convaincu de la valeur essentielle de ce mouvement en relisant notamment le livre de Peter Hocken « Baptisés dans l’Esprit », et en demandant, à la suite de cela, à recevoir le « baptême dans l’Esprit ». Voir ce billet, et tous les suivants, où je raconte mon itinéraire.

Après le baptême dans l’Esprit demandé en avril 2018, les mois ont passé, et même plus d’une année… Certes ma vie spirituelle s’est approfondie; et j’ai participé régulièrement au groupe de prière. Mais sans avoir le sentiment que quelque chose avait vraiment changé pour moi, en moi.

Il y a quelques semaines, une nuit, allongé sur mon lit, j’ai demandé (à nouveau?) à l’Esprit Saint de venir pleinement en moi; et j’ai eu, dans ma prière instante, une sensation de plénitude spirituelle: de flots de l’Esprit qui venaient en moi; de bonheur dans cette relation. Premier signe, et plus qu’un signe, car je savais, dès lors, que cette relation forte avec l’au-delà demeurerait.

Un petit « détail » s’est passé il y a une semaine, qui a complété ma conviction d’avoir reçu l’effusion de l’Esprit. C’était tout bêtement en faisant les courses: à un moment j’ai senti en moi une « bouffée d’amour » incroyable, quelque chose que je n’avais jamais ressenti – sensibilité, sensation nouvelle; cela me dépassait, me découvrait un monde plus large. Cette sensation n’a pas duré, mais cela me montrait en même temps combien mon regard classique, ancien, était, sinon mauvais, en tout cas terrestre. Et j’ai pensé: « Répands ton feu dans mon coeur ! »

Depuis la nuit évoquée ci-dessus nous n’étions pas, pour diverses raisons, retournés au groupe de prière. J’y arrivais hier soir avec cette nouvelle attitude d’ouverture à l’Esprit.

La première « image » donnée par une participante a été la suivante: « un globe surmonté par une croix, le blason des chartreux », avec la devise « Le monde tourne, mais la croix demeure ».

Il m’a fallu un instant pour me rendre compte que cette image me concernait au plus haut point, puisque, au cours de mes années étudiantes, j’avais envisagé d’entrer chez les chartreux et avais été à la Grande Chartreuse…
C’était un clin d’oeil plus qu’évident de Dieu qui m’était donné, en ce jour où je venais au groupe en ayant enfin commencé à recevoir l’effusion de l’Esprit.
Des larmes abondantes m’ont alors secoué.
(J’avais eu aussi un « clin d’oeil » – mais « simple coïncidence » pouvait-on dire – le jour où j’étais venu demander le baptême dans l’Esprit – voir le billet cité plus haut).

Dans la suite de la soirée, mon attitude intérieure a été fort différente de ce qu’elle était les autres fois: lorsqu’il y avait de longs silences, les autres fois, j’attendais, je priais éventuellement, mais d’une façon « classique ». Cette fois-ci, j’étais centré sur l’Esprit, je priais dans une attitude à la fois d’attente et de relation amoureuse. Et lorsqu’il y a eu un « chant en langues », j’ai commencé à balbutier un peu, pour participer à un premier « déclenchement » de ce chant, comme on me l’avait conseillé depuis longtemps.

Voilà, en ce qui me concerne. Mais aussitôt, et dès la messe d’aujourd’hui midi, a surgi en moi la question: y a-t-il deux « dimensions » ou aspects distincts dans « notre » christianisme? (Je veux dire: dans le christianisme des charismatiques) – on prie tantôt avec Jésus dans l’Eucharistie, et tantôt avec l’Esprit dans notre groupe? En même temps je sais bien qu’une des forces du Chemin Neuf – puisqu’il s’agit de lui – est d’être oecuménique: tous les chrétiens peuvent se rejoindre dans la prière et la vie dans l’Esprit. Donc je laisse de côté pour l’instant cette question, à laquelle je reviendrai peut-être un jour.

Mais il y a aussi tous mes amis chrétiens « non charismatiques » ! Vais-je à mon tour, comme je le critiquais dans mon texte de 2003 cité plus haut, dire qu’il leur « manque » quelque chose? C’est sûr que j’ai maintenant tendance à le penser. Mais l’itinéraire de chacun est différent. Et, comme je l’expliquais, il est souhaitable que le dialogue se développe à ce sujet au sein de notre église; au sein de toutes les églises.

Que le Seigneur soit béni, qui donne de telles joies, de tels chemins de progrès !

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