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    « Le royaume.. » : deux exemples d’adaptation

    Des différences théologiques et spirituelles notables peuvent exister entre mon adaptation et la façon dont les textes d’évangile sont actuellement rendus et compris.
    Voici deux exemples; je donne les textes dans des traductions courantes, avant de commenter:

    Péché contre l’Esprit 

    • Matthieu 12,31-32 (Bible de Jérusalem):  (..) Tout péché et blasphème sera remis aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas remis. Et quiconque aura dit une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera remis; mais quiconque aura parlé contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera remis ni en ce monde ni dans l’autre.
    • Marc 3,28-29 (traduction liturgique): (..) Tout sera pardonné aux enfants des hommes: leurs péchés, et les blasphèmes qu’il auront proférés. Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours.
    • Le Royaume de l’amour (pp.36-37): Toutes les fautes commises par des hommes peuvent être effacées, et tout ce qui est dit contre le descendant de l’homme peut l’être aussi; mais le refus total de l’esprit d’amour, lui, ne pourra pas être effacé.

    Commentaire: Le texte des évangiles emploie le futur: on peut comprendre que tout cela, le pardon des péchés etc., ne concerne qu’un monde futur, un jugement à venir. D’autre part le texte est rédigé en termes de culpabilité de l’homme face à Dieu.  « Le Royaume » parle en termes de progrès spirituel, de progrès possible de l’homme, non daté: cela se pose dès à présent. Et la notion de « blasphème contre l’Esprit » est remplacée par celle de « refus total »: celui qui refuse totalement, Dieu ne peut rien pour lui.

    Envoi des disciples en mission 

    • Marc 16,15-16 et Mt 28,20 (Bible de Jérusalem): « Allez dans le monde entier, proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé; celui qui ne croira pas, sera condamné. (..) » // « leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. » 
    • Marc 16,15-16 et Mt 28,20 (traduction liturgique): « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé; celui qui refusera de croire sera condamné. (..) » // « apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. » 
    • Le Royaume de l’amour (p.149): « Allez désormais dans le monde entier annoncer la bonne nouvelle. Apprenez aux hommes à agir comme je vous l’ai montré. Ceux qui vous écouteront entreront dans une vie nouvelle. Ceux qui n’écouteront pas perdront leur vie loin de l’amour. »

    Commentaire: Le texte de Marc parle de « proclamer l’Evangile », et de « création »; la Bible en Français Courant a retenu les mêmes termes que « Le Royaume ».  La phrase de Matthieu (« apprenez-leur.. ») emploie les mots « observer » et « j’ai commandé », remplacés dans « Le Royaume » par « agir » et « j’ai montré ».
    De même « Le Royaume » remplace croire/ne pas croire par « écouter/ ne pas écouter »: on peut penser ici au « Shema Israël » – « Ecoute Israël ».
    Plus important: les traductions usuelles donnent l’impression que seuls les baptisés seront sauvés – je ne suis pas sûr que ce soit la position actuelle des théologiens. D’autre part, à cet endroit aussi, le salut est présenté par « Le Royaume de l’amour » comme une réalité déjà en partie présente: « une vie nouvelle ». Enfin la « condamnation » est remplacée par le fait de « perdre sa vie », au sens banal de « ne pas bien l’utiliser ».

    Pour un autre exemple détaillé voir en haut de la page 6 de mon exposé récent, vers le milieu : « Mais alors, qui peut être sauvé? ».

    Une réponse à “« Le royaume.. » : deux exemples d’adaptation”

    1. Xavier Molle dit :

      L’inconvénient de cette phrase très inquiétante sur le blasphème ou le péché contre l’Esprit Saint, c’est qu’elle ne précise pas en quoi celui-ci consiste.
      Un jour j’ai entendu quelqu’un répéter avec conviction ce que disait un prêtre, à savoir que le péché contre l’Esprit était de ne pas croire à la miséricorde, ce qui avait été le cas de Judas mais pas de Pierre. J’espère que ce n’est pas cela ! D’ailleurs dans la parabole du fils perdu et retrouvé, le fils ne croyait pas à la miséricorde.
      Personnellement je définis ce péché comme le refus de l’amour en tant qu’amour et du Bien en tant que Bien. Ce péché est donc par définition celui qui ne veut pas être pardonné.
      Donc l’expression  »refus total » me paraît très bien choisie.

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