Un billet au hasard: Louer, ou se défendre?
  • Accueil
  • Fil RSS
  • Voyez aussi le site plestang.com
  •  

     

    Deux livres politiques essentiels

    Ce sont deux petits livres sortis assez récemment, délicieusement critiques et fort utiles. L’un sur la politique internationale, l’autre sur les qualités souhaitables chez un président de la République.

    Renaud Girard, dans « Quelle diplomatie pour la France? » analyse les divers aspects de ce que doit être une politique internationale et examine, au passage, les grands enjeux actuels. Une question essentielle est d’avoir bien conscience de qui sont nos ennemis. Reprenant divers dossiers récents, il montre combien une approche mieux réfléchie aurait évité bien des échecs. Actuellement « la voix de la France ne porte plus ». Les solutions proposées sont évidentes, mais pas appliquées.
    Renaud Girard est normalien et énarque; correspondant de guerre, il a couvert toutes les guerres et les grandes crises politiques des trente-trois dernières années et est professeur de stratégie internationale à Sciences Po.

    De son côté François Bert, dans « Le temps des chefs est venu« , examine la personnalité des présidents successifs que la France s’est donnée, selon une méthodologie systémique qu’il applique dans son métier de consultant auprès de très grandes entreprises (« ostéopathie d’organisation »: mise en adéquation des organigrammes et des personnalités). Son analyse des qualités et des défauts des présidents passés est implacable, lumineuse et pleine d’humour. Etre président, ce devrait être s’adapter aux situations que le temps présent nous livre, en ayant – « qualité portée disparue » – une capacité de discernement et de conduite.

    A lire, l’un comme l’autre, en priorité !

     


    « Qui aime l’état aime l’ENA »

    J’ai lu récemment trois livres fort intéressants – et désolants – sur la scolarité à l’ENA.

    Le meilleur est sans doute celui de Saint-Preux, « A l’ENA : y entrer, (s’)en sortir » qui, malgré son titre austère, est – comme les autres – une critique vigoureuse de la formation (?) qui y est donnée, consistant essentiellement, semble-t-il, à la capacité à produire, sous stress, des rapports sur n’importe quel sujet, basés sur un dossier qui vous est donné. Il ne s’agit pas d’apprendre – c’est une école « d’application » ! – mais de s’habituer à écrire sur n’importe quoi un rapport conforme à ce qu’on pense que les supérieurs attendent: le bon fonctionnaire bien dans le moule !

    J’ai repris le titre ci-dessus à un billet de blog de Nathalie MP, qui détaille notamment le rapport du jury d’admission, assez désolant lui aussi, tant sur les connaissances des candidats que par exemple sur leur orthographe…

    Au total beaucoup de gâchis, et une absence dramatique de prise de hauteur, comme le signale « La ferme des énarques  » , qui propose une série de pistes de changement.