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    « Est-ce un péché »?

    Un grand malentendu, ou plutôt une grande différence d’approche, me semble exister entre ceux qui se demandent, à propos d’une attitude quelconque: « Est-ce un péché? », et ceux qui se reconnaissent, de manière permanente, très pécheurs.
    Je m’explique.

    Pour les uns le péché est « un acte volontaire », comme le dit Saint Thomas: le péché est un acte par lequel l’homme se détourne volontairement de Dieu.
    Pour les autres le péché est le manque d’amour, l’absence d’amour, la situation profonde et permanente dans laquelle nous nous trouvons: il s’agit, comme Thérèse de l’Enfant Jésus, d’accepter le réel de notre faiblesse, et de nous offrir à Dieu tels que nous sommes, pour qu’il agisse en nous (et non pas d’abord pour que nous agissions volontairement).

    Plus on prend conscience de ce qu’est l’amour de Dieu, de l’immensité de la métamorphose à laquelle il nous appelle pour devenir des saints remplis d’amour, et de notre incapacité évidente et naturelle à le faire – alors que lui peut le faire en nous, plus cet amour infini devient notre référence.

    La question n’est alors pas « Est-ce que ceci ou cela est un péché? » mais « Comment puis-je devenir un être qui à chaque instant brûle intérieurement de l’amour infini de Dieu, comme les grand saints ». La réponse étant, comme la petite Thérèse l’a compris, de se laisser porter par Dieu: de le regarder lui, et non nous.

    Un exemple d’actualité: avec toutes les guerres, tous les réfugiés qui arrivent en Europe, et ceux qui s’entassent à Calais ou ailleurs, comment pouvons-nous rester dans notre fauteuil, et continuer notre petite vie?
    Une réponse qui serait « nous ne sommes pas appelés à nous en occuper directement », ou « c’est une vocation particulière », me paraîtrait insupportablement facile.

    Pour moi, je sais que c’est l’amour de Dieu en moi qui n’est pas suffisant; mais que cet amour, dont mon coeur et mon corps pressentent le caractère infini et renverseur de montagnes, peut m’appeler à chaque instant à tout quitter pour le suivre.

    Je ne me demande pas si c’est « un péché » de ne pas aller aider tous ces malheureux. Je sais que c’est l’absence d’un amour suffisant en moi qui me laisse du côté des tièdes.

    Mais je suis prêt pourtant à tout instant à être transfiguré par Lui. A aller où il le voudra témoigner de son amour.