Un billet au hasard: "Un adepte qui ne pose plus de questions"
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    Relation à l’autre: « La 3° voie » (S.Covey)

    Qui voyez-vous quand vous regardez quelqu’un ?
    Dans son livre « La 3° voie », Stephen Covey nous propose de remettre en cause l’habitude que nous avons de classer souvent, inconsciemment, les personnes et les opinions en catégories tranchées, ne laissant guère de place à la rencontre et à la synergie.
    Il est possible de dépasser la pensée binaire (telle que « les gens qui sont avec moi – ceux qui sont contre moi »). Et d’abord en se regardant soi-même!

    Première étape: « Je me vois » – « Autrement dit j’ai conscience de ce que je suis. J’ai examiné mes motifs, mes incertitudes, mes préjugés. Je me suis intéressé aux présupposés qui sont les miens ».

    Deuxième étape: « Je m’intéresse à vous » – « Je vous considère comme un être humain, et non pas comme un ensemble d’attitudes, de comportements ou de convictions ».

    Troisième étape: « Je m’adresse à vous afin de saisir pleinement ce qui est dans votre coeur, dans votre esprit et dans votre âme, au lieu de vous juger. »

    Banal dira-t-on? Mais Stephen Covey approfondit: « Que vois-je quand je me regarde dans la glace? Un être réfléchi et respectueux, qui a des principes et l’esprit ouvert? Ou bien un individu qui a réponse à tout et méprise ceux “de l’autre camp“ lorsque surgit un conflit? Est-ce que je pense par moi-même, ou bien est-ce que je m’en remets aux autres pour cela? »

    Stephen Covey est aussi l’auteur du livre « Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent » (traduit dans de très nombreuses langues, mais dont la traduction française est jugée déplorable par les commentateurs sur Amazon). Il a participé à de nombreuses négociations et discussions dans le monde entier.

    (First Editions, 2012)

     

    P.S.Bien que n’ayant pas encore lu en entier « La 3° voie », j’ajoute une remarque, dont Covey parle peut-être: à savoir qu’il est intéressant de « décomposer la difficulté en autant de parties qu’il est nécessaire pour la mieux résoudre » (Descartes). Et que donc la démarche décrite ci-dessus peut s’appliquer avec profit pour avancer sur tel ou tel « sous-problème » au sein d’une discussion plus large: en parcourant les étapes ci-dessus à propos d’un seul problème particulier.


    Foi et science: quelques réflexions

    A l’occasion d’une rencontre avec un prêtre interrogeant des scientifiques sur les domaines respectifs de la science et de la foi, j’ai essayé de clarifier mes idées sur ce sujet.

    – Il y a les idées que certains scientifiques des sciences dures ont de la science, et il y a la diversité des sciences humaines ou autres, pour lesquelles les expériences ne sont pas répétables, et les hypothèses plus clairement fragiles que dans les sciences dures.

    – Il y a parmi les scientifiques des attitudes ouvertes; et des attitudes fermées: ceux pour qui n’existe que ce qui est prouvé par les méthodes déjà en vigueur, et qui ont tendance à écarter tout fait qui ne cadre pas avec ce qu’ils croient savoir.

    – Qu’est-ce que la « méthode scientifique »? Bachelard et Gonseth ont montré qu’il est souhaitable qu’elle soit faite d’itérations entre des hypothèses et des expériences, avec toujours une grande ouverture à d’autres possibilités.

    – Dans beaucoup de sciences humaines, des notions comme celles de confiance et d’écoute ont un grand rôle.

    – En matière humaine, la confiance dans le témoignage, l’engagement dans une relation vraie, sont souvent des conditions pour comprendre un problème, et donc pour le décrire et éventuellement expérimenter à son sujet.

    – « Vous ne comprenez pas parce que vous n’aimez pas » a écrit Dostoievski quelque part.

    – Face à des faits que l’on vous rapporte, on acceptera ou non le témoignage en fonction de divers paramètres, dont notamment la confiance que l’on fait à celui qui vous en parle, et la familiarité que l’on a – ou non – avec le genre d’hypothèses sous-jacentes. Exemple: les NDE.

    – En ce qui concerne la foi, je propose que l’on regarde s’il est possible de l’approcher comme une attitude de confiance, d’abord par rapport à des témoins qui vous en parlent, puis directement par rapport à un réel qui se montre à nous de façon très discrète, à peine perceptible.

    – En ce sens on peut se demander s’il y a une différence de nature entre les sciences humaines et la foi: la relation qu’a un psychologue avec son patient met en oeuvre à la fois un savoir et des qualités humaines. De même la foi se base sur ce qu’a été Jésus, d’après ce qu’on pense en savoir, et sur un engagement dans la relation avec ce réel à peine perceptible.

    – La science peut-elle « prouver » que Dieu n’existe pas? Evidemment non; mais cela dépend aussi de ce que l’on désigne par Dieu! Je propose (cf. « Le fait Jésus ») de ne pas se centrer sur la création, mais sur l’existence ou non d’êtres très supérieurs.

    – La science couvre certains « comment »: pour les processus qu’elle a repérés. Mais elle n’a pas repéré, ou guère (psy) les processus de l’amour: qui sont impalpables (le vent souffle où il veut), mais puissants (miracles).

    – Faut-il distinguer le « pourquoi » et le « comment »: comme si la science s’occupait du comment, tandis que la foi ne s’intéresserait qu’au pourquoi, révélé par la Bible? Il est fort possible que le pourquoi nous dépasse complètement. Plutôt que d’attendre, comme un enfant, que Dieu nous dise le pourquoi, intéressons-nous à la façon de vivre que nous propose Dieu: et qui est peut-être la meilleure réponse au comment, c’est à dire qui montre des chemins que la science n’a pas repéré; des chemins de vie, que peut-être la science pourra peu à peu analyser!

    – En modifiant à peine la question précédente, on arrive à la question du sens. La science donne-t-elle le sens de la vie? Pas sûr. Les philosophies et les spiritualités ont ici toute leur place, notamment comme des techniques pour aller vers la « vie bonne ».

    – La foi chrétienne n’est pas en elle-même une spiritualité (elle est relation, en confiance – voir plus haut), mais elle en génère de nombreuses.