Dieu mère; s’aimer comme on est

Du très beau livre récent d’André Comte-Sponville, « Le sexe ni la mort », dont je n’ai lu pour l’instant que la première partie, je tire déjà ces phrases:

– « Dieu est dit père – Il serait dit mère, ce serait encore mieux, mais le machisme antique et méditerranéen s’y opposait. Dieu, s’il existe, est (..) cet amour qui renonce à exercer au maximum sa puissance. » (p.122)

– « Simone Weil écrit ‘Aimer un étranger comme soi-même, cela implique comme contrepartie (de) s’aimer soi-même comme un étranger’ (La Pesanteur et la grâce). (..) Grande sagesse, que j’appellerais volontiers la sagesse des évangiles, quand on la comprend ainsi: ‘Aime-toi comme tu es’ (..) Les gens ne savent pas s’aimer eux-mêmes (..), comme ils sont, dans leur pauvreté, dans leur banalité, dans leur médiocrité. Comment pourraient-ils accepter d’être n’importe qui? (..)
« J’écrirais volontiers un (livre) qui s’intitulerait ‘Pour sortir du narcissisme’. Non pour cesser de s’aimer soi-même, mais pour apprendre à s’aimer comme on est. (..)
« Mais point besoin d’écrire un tel livre. Il existe déjà. Son nom? les Evangiles. » (pp. 130-132)

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *