Un billet au hasard: La prière du soir
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    Un enterrement et un mariage

    J’ai assisté hier à un enterrement… qui a un peu ébranlé mes idées en matière de « mariage pour tous ».

    Commençons par l’enterrement: âgés de 65 ans environ, homme et femme, ils vivaient ensemble depuis dix ans sans être mariés. Elle avait été mariée puis veuve, et avait eu des enfants dans son « premier couple ».
    Elle meurt et on l’enterre; dans l’église, la « première famille » s’installe à gauche: c’est elle, la famille. Lui, s’installe à droite, comme un « ami ». Et les pompes funèbres, à la fin de la cérémonie, font avancer « la famille », pour la bénédiction du cercueil; lui attend, puis finalement se décide, avant que vraiment trop de gens aient défilé.

    En me rappelant la scène, et la tristesse que j’avais ressentie pour cet homme, j’ai pensé ce matin aux homosexuels, qui au moment de la mort seraient dans la même situation: ne pas être reconnus comme « de la famille », à la mort de leur partenaire.

    Je connais les arguments contre le mariage pour tous, et je les ai répercutés sur Twitter: un enfant a le droit qu’on lui parle de son vrai père et de sa vraie mère; la filiation est une question sociale importante; l’indifférenciation dissipe le principe fondateur de la vie familiale : l’interdit de l’inceste. Tout cela est vrai, essentiel, et il ne s’agit pas de morale mais du bien de l’enfant, de son équilibre, avec lequel on ne doit pas jouer. Un couple, c’est un homme et une femme.

    Je sais tout cela: mais maintenant j’hésite, après cet enterrement où j’ai eu pitié du conjoint.
    Il serait intéressant de savoir comment cela se passe pour les enfants dans les pays où le mariage homosexuel est accepté depuis longtemps; ce qu’en disent les psys, etc. Ce qu’en pensent maintenant ceux qui y étaient opposés au départ.


    Apprendre le chinois

    Mai  2014 – Le texte ci-dessous est en partie dépassé: voir d’abord la page web http://www.plestang.com/chinois.php .

    Avril 2015 – J’ajoute sur le site un article sur Anki, et je modifie le texte ci-dessous en conséquence.

    Je viens de mettre à jour le texte que je consacre à la question de l’apprentissage du chinois, pour mentionner l’excellente méthode CRAMPE, bien supérieure à tout ce que je connais par ailleurs: c’est par Internet, payant (pas très cher finalement), et très efficace: on reçoit tous les jours une vidéo avec toutes sortes d’explications, qui permet notamment une bonne initiation progressive au tracé des caractères, qui est le meilleur moyen pour les retenir; sans oublier la culture et la vie quotidienne chinoise. Il faut – simplement – pouvoir y consacrer une heure par jour pendant… un an! (durée de la méthode). Le résultat est garanti à mon avis (j’en suis à deux mois). Et puis si une fois de temps en temps on ne peut pas travailler la vidéo, on prend un ou deux jours de retard, ce n’est pas un drame ! 18 mai 2013 – Approchant du niveau HSK2 (après 6/7 mois d’étude) je me rends compte qu’il est indispensable de compléter la méthode Crampe par l’écoute de nombreux audios, faute de quoi on est incapable de comprendre ce qui est dit par les locuteurs chinois lors des examens HSK… Une aide à utiliser est le logiciel Anki (Avril 2015 – voir l’article que je lui consacre), qui permet entre autres d’entendre de nombreuses phrases et aussi d’en étudier le texte (car de même la méthode Crampe ne propose pas assez de textes écrits auxquels se « frotter »). Cela dit la méthode Crampe reste indispensable au préalable; mais elle me paraît maintenant insuffisante seule. Lire la suite »


    Dieu mère; s’aimer comme on est

    Du très beau livre récent d’André Comte-Sponville, « Le sexe ni la mort », dont je n’ai lu pour l’instant que la première partie, je tire déjà ces phrases:

    – « Dieu est dit père – Il serait dit mère, ce serait encore mieux, mais le machisme antique et méditerranéen s’y opposait. Dieu, s’il existe, est (..) cet amour qui renonce à exercer au maximum sa puissance. » (p.122)

    – « Simone Weil écrit ‘Aimer un étranger comme soi-même, cela implique comme contrepartie (de) s’aimer soi-même comme un étranger’ (La Pesanteur et la grâce). (..) Grande sagesse, que j’appellerais volontiers la sagesse des évangiles, quand on la comprend ainsi: ‘Aime-toi comme tu es’ (..) Les gens ne savent pas s’aimer eux-mêmes (..), comme ils sont, dans leur pauvreté, dans leur banalité, dans leur médiocrité. Comment pourraient-ils accepter d’être n’importe qui? (..)
    « J’écrirais volontiers un (livre) qui s’intitulerait ‘Pour sortir du narcissisme’. Non pour cesser de s’aimer soi-même, mais pour apprendre à s’aimer comme on est. (..)
    « Mais point besoin d’écrire un tel livre. Il existe déjà. Son nom? les Evangiles. » (pp. 130-132)