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    A propos des lectures à  la messe

    Une internaute qui va utiliser la fiche « Proclamer la Parole » lors d’un atelier qu’elle anime, me pose quelques questions complémentaires.
    « – Quelle attitude devrait avoir le lecteur avant de monter pour commencer sa lecture. Des fois, je remarque qu’il se lève, monte et lit sans même un signe de respect pour le Seigneur qui est présent parmi nous.
    « – Des fois aussi, nos lecteurs se permettent de changer des mots à leur guise. Que dit l’Eglise? »

    Ma réponse ci-après porte également sur une autre question: l’habitude qu’ont certains participants à la messe de lire les textes pendant qu’ils sont proclamés.

    « Chère Madame,
    Quelle attitude le lecteur devrait-il avoir?
    Le prêtre qui était responsable de notre paroisse jusqu’à une date récente recommandait d’arriver par le haut de l’allée centrale, face au choeur, au pied des marches, de s’incliner légèrement, puis de se diriger vers l’ambon. Ceci naturellement dans le cas où le lecteur n’est pas déjà dans le choeur (voir la deuxième partie du billet de blog « Prier ensemble, animer ensemble »). S’il est dans le choeur, à mon sens il serait mieux qu’il aille s’incliner devant l’autel avant d’aller lire, mais cela peut dépendre de la disposition des lieux.
    L’inclinaison, pendant la messe, se fait en direction de l’autel, et non de la « réserve eucharistique ».

    En ce qui concerne la traduction, il est sûr qu’il n’est pas souhaitable de modifier le texte: il a été mis au point pour la lecture publique et approuvé par les responsables de l’Eglise, et le lecteur n’a pas qualité pour le modifier.

    En fait de tels changements troubleront surtout ceux qui suivent la lecture… en lisant dans leur propre missel (ou « Prions en Eglise » ou « Magnificat »). Et c’est l’occasion de vous indiquer qu’il n’est pas considéré comme souhaitable de lire pendant que le lecteur proclame la Parole. Il convient de l’écouter! Contrairement à ce que certains semblent croire, on est plus attentif si on se contente d’écouter. Et en plus on peut ainsi … « se laisser surprendre par le texte ». On croit le connaître, et puis en l’entendant, on s’aperçoit que ce qui est dit n’est pas exactement ce qu’on avait en tête!

    Pour en revenir aux traductions, il peut arriver que l’on choisisse, pour une célébration particulière, une autre traduction que la traduction liturgique officielle. Mais cela doit toujours se faire en accord avec les responsables de la paroisse (et en particulier avec le prêtre qui préside l’eucharistie ce jour là.) »

    —-
    Je profite de ce billet pour signaler que j’ai mis à jour les versions word des divers documents relatifs à la liturgie figurant sur le site « Choisis d’aimer »: en particulier les textes des Passions mis en forme pour lecture publique, qui pourront être utiles à beaucoup le mois prochain.


    9.03.11 J’évoque, dans un bref texte sur le site, l’expression « proclamer la parole ».


    10.11.13 Concernant la fiche « Proclamer la Parole » mentionnée au début de ce billet, j’ai découvert récemment une difficulté que je n’ai pas la place d’y signaler, d’autant qu’il n’y a pas de solution simple:
    Dans le lectionnaire qu’il va utiliser, le lecteur découvre, le jour même où il va lire, que le texte est coupé en brefs morceaux de phrases sur des lignes successives (je n’apprends rien à personne – et j’explique même dans la fiche que c’est un avantage).
    Le problème, c’est que ces lignes, ces membres de phrases, ne représentent pas forcément des unités de lecture à la fin desquelles il faut s’arrêter un bref instant.
    Tantôt en effet, et là pas de problème, ces lignes se terminent par une virgule (ou par un point), et là il est normal de faire une brève pause; tantôt elles ne se terminent pas par une virgule (ni un point), et dans ces cas là la phrase continue à la ligne suivante et il est souvent nécessaire de ne pas marquer de pause dans la lecture!
    Comme le lecteur n’a pas pu se préparer à cette particularité (il n’a pas le lectionnaire chez lui…), c’est là une difficulté que seuls les lecteurs expérimentés peuvent espérer surmonter.

     


    Ouverture, et recherche

    (Ce billet ouvre ce qui sera peut-être une nouvelle série: « réflexions »).

    Dans un récent billet (en), John Allen évoque des tensions au sein de l’université catholique de Dallas entre des catholiques « identitaires » et d’autres que l’on pourrait décrire comme plus libéraux.

    Une représentante de la première tendance s’exprime ainsi: « Nous voulons dire les choses avec clarté et fidélité ».
    Je laisse ici de côté la question de la fidélité (i.e. aux enseignements pontificaux). En ce qui concerne la clarté, je n’ai bien entendu rien contre elle.

    Mais la question est de savoir: si le christianisme consiste d’abord à « dire » des choses, ou bien à vivre en relation avec Dieu et à aimer; et si les concepts et mots du christianisme peuvent être considérés comme clairs, et simples.

    Des chrétiens que je connais, et que je classerais volontiers comme « identitaires », pensent qu’ils sont ouverts au dialogue. Mais il ne faudrait pas que le dialogue consiste seulement à essayer d’expliquer à l’autre que l’on a raison.

    Brian McLaren, dont j’ai parlé à plusieurs reprises sur mon ancien blog, posait ces jours-ci la question suivante (en):
    « Est-ce que, lorsqu’on vous présente une nouvelle idée ou proposition, votre réaction est plutôt :
    – de vous demander si c’est acceptable par rapport à votre foi ou celle de votre communauté ,
    – ou bien de vous demander s’il y a peut-être du vrai dedans, quelque chose qui mérite d’être approfondi? »

    Il ne s’agit pas de classer les chrétiens en deux catégories: chacun de nous a, plus ou moins développés, à la fois l’attitude identitaire et l’attitude ouverte: des refus instinctifs et des domaines de recherche; des sujets sur lesquels on pense que l’on « sait », et d’autres où l’on écoute et cherche à comprendre; des personnes ou attitudes qui vous plaisent, et d’autres face auxquelles vous avez plutôt un réflexe de rejet.

    Par rapport à ceux qui pensent « dire les choses avec clarté », mon hésitation vient à la fois de la multiplicité du sens des mots et de la fragilité de l’amour.
    Derrière les mots, chacun met des choses différentes, voire contradictoires; il s’agit de parler pour être compris, et pour cela de bien comprendre comment raisonne celui à qui l’on parle. Bruna Martinuzzi (en) donne cinq règles pour pratiquer l’empathie, et cite Henry Ford: « S’il y a un secret du succès, il consiste à être capable de comprendre le point de vue de l’autre, et de voir les choses sous son angle aussi bien que sous le vôtre ».
    La fragilité de l’amour: Ce n’est pas de vérités abstraites dont il s’agit de parler, comme si on récitait un catéchisme, mais de l’amour qui nous relie à Dieu. Parlons-nous volontiers de notre amour pour notre conjoint? Et comment en parlons-nous? Il y a une fragilité, une sensibilité, dans notre témoignage, et je ne la retrouve pas toujours chez ceux qui semblent asséner des vérités.

    Il s’agit aussi de chercher. Tout n’est pas donné par la Bible et par l’enseignement de l’Eglise, qui de plus est souvent imparfait. La recherche est une des des dimensions d’une réflexion spirituelle et intellectuelle équilibrée.

    Comprendre et approfondir pourquoi l’autre – et en particulier le non chrétien – pense différemment de vous fait partie d’une bonne réflexion sur la foi.
    Et pour comprendre, il faut écouter, et lire. Ecouter et lire donc, non seulement ceux qui partagent votre avis, mais aussi ceux qui ne le partagent pas, et qui ont souvent quelque chose à nous apprendre.

    P.S. A propos de la notion de « certitude », voir « Convictions, certitude » , et ensuite « Vérité révélée, vérité évaluée ».